Le Canada doit se préparer à un avenir plus chaud de 5 °C et agir maintenant pour en éviter le pire: nouveau rapport fédéral

TORONTO — Ryan Ness, directeur, Adaptation, à L’Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante en réponse à la publication du Rapport sur le climat changeant du Canada, une évaluation scientifique exhaustive des changements climatiques au Canada réalisée par plus de 100 universitaires et experts : 

« Les Canadiens et Canadiennes doivent se préparer pour des décennies de saisons de feux de forêt plus sévères, de journées de chaleurs extrêmes plus nombreuses, de hausse du niveau des mers, de dégel du pergélisol et de diminution des ressources en eau attribuable à la fonte des glaciers. C’est le constat brutal de la dernière édition du Rapport sur le climat changeant du Canada, une évaluation scientifique fédérale complète publiée aujourd’hui.  

« Le rapport montre que le Canada doit se préparer — activement — aux impacts inévitables à venir, tout en accélérant les efforts pour prévenir le réchauffement qui n’est pas encore inévitable. L’évaluation d’experts indique que le Canada sera environ 2,7 °C plus chaud que les niveaux préindustriels dans les deux prochaines décennies, soit près du double de la moyenne mondiale, quelles que soient les mesures prises pour réduire les émissions mondiales durant cette période. 

« Le réchauffement est amplifié au Canada, car les latitudes nordiques absorbent et retiennent la chaleur à mesure que fondent la neige et la glace qui réfléchissent le rayonnement solaire. Même dans un monde qui atteint la carboneutralité d’ici la moitié du siècle, le réchauffement au Canada continuera de s’accentuer jusqu’à atteindre 3,5 °C au-dessus des niveaux pré-industriels, avant de se stabiliser vers 2100. Cela signifie que même le meilleur scénario le plus optimiste nécessite une planification pour des décennies à venir de feux de forêt, de sécheresse, de tempêtes et de dommages qui s’aggravent en raison d’un climat extrême. 

« Mais ce qui se passera après 2040 dépend encore de nos choix. Ce rapport décrit les lois de la physique, pas une fatalité. Le futur le plus optimiste où le réchauffement du Canada se stabiliserait autour de 3,5 degrés dépend de l’atteinte de la carboneutralité au niveau mondial d’ici les années 2070. Les politiques mondiales actuelles ne nous amènent pas dans cette direction. En continuant sur la voie actuelle, le Canada connaîtra une hausse moyenne des températures de 5 °C d’ici 2100, et le réchauffement se poursuivra. Dans ce scénario, les glaciers de l’Ouest canadien disparaîtront pratiquement; le réchauffement hivernal dépassera 10 °C dans une grande partie du Nunavut et du Nunavik; et le sud des Prairies connaîtrait jusqu’à cinq fois plus de sécheresses graves qu’aujourd’hui. Si, au contraire, les émissions mondiales commençaient à diminuer immédiatement pour atteindre la carboneutralité dans les années 2070, le réchauffement moyen au Canada se stabiliserait à 3,5 ºC. 

« L’écart entre ces deux avenirs est énorme, et la différence se mesurera en vies perdues, en maisons détruites ainsi qu’en communautés et en moyens de subsistance bouleversés au point d’être méconnaissables. En dollars, nos recherches estiment que le coût pour l’économie canadienne s’élèvera à des centaines de milliards de dollars par an, au minimum, d’ici 2100.

« S’adapter dès maintenant peut limiter les dommages causés par le réchauffement auquel nous ne pouvons plus échapper… et le rendement dépassera plusieurs fois l’investissement initial. Selon notre analyse, chaque dollar investi dans la préparation aux inondations, à la chaleur et aux fortes pluies permet d’éviter jusqu’à 15 $ de pertes. La réduction des émissions au Canada et ailleurs dans le monde déterminera le reste, notamment si la population canadienne devra vivre avec les conséquences d’un réchauffement de plus de 5 °C ou de 3,5 °C. 

« Les mesures prises actuellement par les gouvernements ne suivent pas le rythme des changements climatiques. Le propre rapport d’étape d’Ottawa sur sa Stratégie nationale d’adaptation montre que le pays n’est pas préparé aux risques à venir. Et les récents changements apportés aux politiques fédérales ont rendu l’engagement du Canada envers la carboneutralité encore plus difficile à respecter, tout en minant notre crédibilité pour exhorter d’autres pays à réduire leurs émissions dans la mesure nécessaire pour éviter un réchauffement de 5 °C. 

« Ce rapport devrait préoccuper tous les décideurs au Canada. Tous les ordres de gouvernement devraient accélérer considérablement leurs efforts de réduction des émissions et d’adaptation, car le niveau d’effort actuel est loin d’être suffisant pour nous préparer à ce qui nous attend. »

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L’Institut climatique du Canada est le principal organisme de recherche sur les politiques en matière de changements climatiques au Canada. L’Institut produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des recherches de fond axées sur l’encouragement d’une croissance économique propre et d’une compétitivité à faible émission de carbone, la réduction des émissions et l’accélération de la transition énergétique du Canada vers la carboneutralité, ainsi que le renforcement de la résilience de notre économie et de nos infrastructures face au réchauffement climatique.

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L’entente sur Churchill Falls est une avancée majeure pour l’énergie propre et l’électrification de l’économie canadienne

OTTAWA—Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante en réponse à l’entente conclue entre le Québec, Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement fédéral sur l’avenir de Churchill Falls et sur des investissements plus vastes dans l’énergie propre et le transport d’électricité :

« L’annonce faite aujourd’hui par les provinces de Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que par le gouvernement fédéral, promet de débloquer une quantité considérable de nouvelle énergie propre fiable et de nouvelles capacités de transport d’électricité, qui seront bénéfiques pour les citoyens et les entreprises du Canada atlantique, du Québec et d’ailleurs.

« Il s’agit du niveau d’ambition en matière d’énergie propre qui est nécessaire partout au pays pour respecter l’engagement du premier ministre de doubler la taille des réseaux électriques du Canada et d’électrifier une plus grande partie de l’économie nationale. Cela démontre que des résultats positifs peuvent être obtenus grâce à la collaboration entre les gouvernements — y compris les communautés autochtones — une collaboration qui stimule l’investissement et mène à des marchés provinciaux de l’électricité davantage interconnectés.

« Cela montre aussi le rôle essentiel que peut jouer le gouvernement fédéral pour catalyser ce type d’entente grâce à un soutien financier qui accélère la croissance de réseaux plus propres et plus vastes, capables d’attirer de grands utilisateurs industriels grâce à une électricité à faible coût. Cela concorde avec des recherches antérieures de l’Institut climatique du Canada qui démontrent pourquoi le gouvernement fédéral a un rôle accru à jouer dans la croissance de l’énergie propre afin d’électrifier l’économie. La nouvelle entente apporte une certitude d’investissement dont on avait grandement besoin pour les projets hydroélectriques de Churchill Falls et de Gull Island, et elle stimulera d’importants nouveaux projets d’énergie éolienne à Terre-Neuve-et-Labrador. Elle améliorera également la sécurité énergétique et l’abordabilité en cette période de volatilité des prix de l’énergie, tout en réduisant les émissions.

« Nous sommes heureux de voir le gouvernement fédéral contribuer à faciliter la conclusion de cette entente et nous avons hâte de voir d’autres développements positifs dans d’autres régions du pays qui permettront de débloquer une énergie propre plus abordable. À mesure que les travaux sur ces projets passeront de l’entente de principe à la conception et au développement, il sera également essentiel que les détenteurs de droits autochtones soient inclus de façon significative dans le processus décisionnel. »

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L’Institut climatique du Canada est un organisme de recherche indépendant sur les politiques climatiques. Il produit des recherches et analyses rigoureuses et des modélisations économiques, en s’appuyant sur des experts et des leaders de partout au pays. Nos travaux portent sur: l’accélération de la croissance propre et de la compétitivité sobre en carbone, la mesure des progrès dans la transition énergétique propre du Canada, l’amplification des perspectives autochtones et des solutions climatiques, la mobilisation d’investissements durables et le renforcement de la résilience de notre économie et de nos infrastructures face à un climat qui se réchauffe.

L’abolition de la norme canadienne sur les véhicules électriques et le report de son remplacement mettent à risque l’objectif de ventes de 2035

OTTAWA — Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante en réponse à l’abrogation de la Norme sur la disponibilité des véhicules électriques par le gouvernement fédéral et au report de la mise en œuvre de sa norme renforcée sur les émissions des gaz d’échappement :

« Le premier ministre a été clair quant à son engagement à mettre en œuvre de nouvelles règles sur les émissions des véhicules qui permettraient d’obtenir des réductions de GES équivalentes à l’atteinte d’une part de marché de 75 % des ventes pour les véhicules électriques d’ici 2035, et de 90 % d’ici 2040.

« Bien qu’il soit encourageant que le gouvernement fédéral ait réitéré son engagement envers des normes d’émissions plus strictes pour le parc automobile canadien, il est décevant que ces nouvelles règles soient encore reportées. Ne nous y trompons pas : reporter cette échéance signifie que les Canadiennes et Canadiens se retrouveront avec moins d’options de véhicules électriques et des coûts d’utilisation totaux plus élevés pour se déplacer dans leur collectivité.

« Notre analyse démontre que le Canada n’est actuellement pas en voie d’atteindre ses cibles en matière de véhicules électriques, tandis que d’autres ont démontré que la proposition actuelle du gouvernement en matière de normes d’émissions devra être renforcée pour atteindre l’objectif énoncé par le premier ministre, soit des niveaux de réduction des émissions équivalents à une part de marché de 75 % de véhicules électriques.

« Les données mondiales révèlent une croissance rapide de la part de marché des véhicules électriques à l’extérieur de l’Amérique du Nord. L’Agence internationale de l’énergie prévoit que les ventes de véhicules électriques atteindront près de 30 % d’ici la fin de l’année. Le Canada demeure considérablement en retard par rapport à la tendance mondiale.

« Le gouvernement a maintenant éliminé une voie vers l’atteinte de ses objectifs en matière de véhicules électriques, tout en retardant la politique censée la remplacer. Le test est donc simple : les nouvelles normes doivent être suffisamment strictes pour permettre le déploiement de véhicules électriques promis par le premier ministre, et elles doivent être mises en œuvre rapidement. Sinon, le Canada continuera d’accuser un retard sur les objectifs que le gouvernement dit vouloir atteindre. »

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Rapport national sur les progrès en adaptation : le Canada n’est pas prêt à faire face aux risques climatiques à venir

Toronto — Ryan Ness, directeur de la recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante en réponse à la publication du rapport d’étape sur la Stratégie nationale d’adaptation du Canada (SNA) du gouvernement fédéral : 

« La mise à jour d’Ottawa sur sa Stratégie nationale d’adaptation fait état de nombreuses activités, mais peu d’indices montrent qu’elles réduisent réellement les risques climatiques et météorologiques extrêmes croissants auxquels les Canadiens sont exposés. 

« Les feux de forêt catastrophiques de cet été, qui ont détruit des communautés, forcé des milliers de personnes à évacuer et recouvert des villes d’une fumée toxique, sont le plus récent signe que le Canada doit accélérer son adaptation climatique.

« Le rapport d’étape souligne des avancées importantes, notamment une vaste gamme de programmes fédéraux liés à l’adaptation, d’outils, d’initiatives de financement et d’efforts de coordination fédéraux en matière d’adaptation, actuellement déployés à l’échelle du pays. Ce qui manque, c’est la preuve claire que ces initiatives réduisent les risques liés au climat de manière notable au niveau national. En faisant le suivi des programmes plutôt que des résultats, le rapport d’étape dresse un tableau trop optimiste de la situation. 

«Selon les données mêmes du gouvernement, le rapport montre que le Canada accuse un retard sur plusieurs fronts en matière d’adaptation climatique. Jusqu’à 1,5 million de ménages font toujours face à un risque d’inondation si important qu’ils sont pratiquement non assurables. Seulement le tiers des Canadiens ont pris des mesures pour se préparer aux risques climatiques, un résultat en deçà de la cible de 50 % fixée par la stratégie pour 2025. Les communautés autochtones demeurent parmi les plus exposées aux risques météorologiques extrêmes liés au climat, pourtant Ottawa n’a pas respecté les engagements de la stratégie visant à soutenir les mesures d’adaptation climatique dirigées par les Autochtones.

« Là où le rapport indique des progrès, d’importantes lacunes subsistent. Bien qu’il affirme que la résilience climatique est désormais intégrée à l’ensemble du financement fédéral des infrastructures — une cible qu’il qualifie de “réalisée à 100 %” — ces exigences sont appliquées de façon inégale et n’empêchent pas que ce financement serve au développement dans des zones à risque élevé. Le rapport souligne un recours croissant aux données et services climatiques, mais la plupart des Canadiens ne disposent toujours pas d’informations claires sur les risques climatiques auxquels ils sont exposés. Quant à l’engagement de coordonner l’adaptation de façon bilatérale avec chaque province et territoire, il n’a jusqu’à présent donné lieu qu’à des discussions avec une poignée de juridictions.

« La Stratégie nationale d’adaptation constitue peut-être une base importante, mais à elle seule, elle n’a pas généré les progrès dont les Canadiens ont besoin. Comme le soulignait l’évaluation initiale de la Stratégie nationale d’adaptation réalisée par l’Institut climatique, ce qu’il faut maintenant, c’est un ensemble ciblé de mesures concrètes, dirigées vers les risques climatiques les plus élevés et appuyées par des investissements, des échéanciers clairs et une reddition de comptes permettant une réelle réduction des risques. Tout ce qui est en deçà continuera de laisser les Canadiens exposés à une menace climatique qui progresse beaucoup plus vite que nos défenses. »

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L’Institut climatique du Canada est un organisme de recherche indépendant sur les politiques climatiques. Il produit des recherches et analyses rigoureuses et des modélisations économiques, en s’appuyant sur des experts et des leaders de partout au pays. Nos travaux portent sur: l’accélération de la croissance propre et de la compétitivité sobre en carbone, la mesure des progrès dans la transition énergétique propre du Canada, l’amplification des perspectives autochtones et des solutions climatiques, la mobilisation d’investissements durables et le renforcement de la résilience de notre économie et de nos infrastructures face à un climat qui se réchauffe.

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Proposition d’un nouveau fonds fédéral pour financer l’expansion du réseau d’électricité tout en maintenant des prix bas

OTTAWA — L’Institut climatique du Canada et Michael Liebreich, expert mondial en financement des énergies propres, ont publié une note de politique générale conjointe proposant au gouvernement fédéral d’établir un nouveau fonds à long terme pour aider le Canada à maintenir des tarifs d’électricité abordables alors que le pays s’emploie à doubler la capacité de son réseau d’électricité au cours des prochaines dizaines d’années.

Le fonds proposé, le Fonds de progrès de l’électrification du Canada, permettrait de lever un obstacle majeur à la réalisation de l’expansion du réseau d’électricité, tant par sa rapidité que par son ampleur, telle que définie dans la Stratégie nationale d’électrification : maintenir les factures d’électricité abordables pour les consommateurs durant un afflux d’investissements dans les infrastructures de production, de transport et de stockage de l’électricité dans l’ensemble du pays. 

Les recherches de L’Institut ont révélé que l’expansion de l’approvisionnement en électricité propre, abordable et abondante partout au Canada est une étape cruciale pour attirer des investissements et stimuler la compétitivité, alors que la demande d’électricité augmente en raison de l’électrification du transport et du chauffage, ainsi que de l’émergence de nouveaux secteurs, comme celui des centres de données. Doubler la capacité du réseau d’électricité canadien représente également un levier essentiel pour renforcer la sécurité énergétique nationale, favoriser l’abordabilité et décarboner l’économie.

Mais l’augmentation substantielle du rythme d’électrification de l’économie exige des investissements anticipés considérables. Si le coût de ces investissements est immédiatement répercuté sur les consommateurs d’électricité actuels, les factures pourraient grimper à des niveaux qui décourageraient précisément l’électrification nécessaire. Le Fonds de progrès de l’électrification du Canada contribuerait à maintenir des tarifs d’électricité abordables pour les consommateurs en répartissant les coûts des investissements sur une plus longue période. Cette approche permettrait d’amortir progressivement le coût des nouvelles infrastructures électriques à mesure que la demande augmente et aide à couvrir la facture, garantissant ainsi des tarifs raisonnables pour les utilisateurs au fil du temps. Ce fonds, soutenu par le gouvernement fédéral, permettrait également d’éliminer, pour les provinces, le risque lié à la croissance de la demande, et d’utiliser le bilan fédéral pour limiter les coûts budgétaires et maintenir une électricité abordable. 

L’importance stratégique d’une électricité propre, abondante et abordable sous-tend le projet de la Stratégie nationale d’électrification du Canada, ainsi que les initiatives provinciales visant à renforcer leurs réseaux d’électricité. Partout dans le monde également, les pays accordent une importance nouvelle à l’électrification. Ce sujet devrait d’ailleurs être un thème majeur lors du sommet sur le climat COP31 à Antalya (Turquie), ainsi qu’à l’ordre du jour du G20 pour 2027.

Bien que le Canada dispose de mécanismes de financement existants pour soutenir les investissements dans le réseau d’électricité, comme la Banque de l’infrastructure du Canada et le crédit d’impôt à l’investissement dans l’électricité propre, aucun n’est conçu pour atténuer l’incidence sur les prix d’une hausse des investissements. Le Fonds de progrès de l’électrification du Canada proposé compléterait ces outils et comblerait le déficit de financement de deux manières importantes : 

  1. Harmoniser les coûts et les avantages pour les consommateurs au fil du temps. Il permettrait de déployer rapidement des capitaux pour étendre et moderniser les réseaux d’électricité, tout en reportant le coût de cette expansion sur une base élargie de futurs consommateurs… ceux-là mêmes qui bénéficieront du réseau ainsi agrandi une fois les travaux achevés.
  2. Transférer les risques des provinces et des consommateurs au gouvernement fédéral et aux contribuables fédéraux Le financement garanti par le gouvernement fédéral accélérerait l’expansion du réseau nécessaire pour attirer les investissements et stimuler la croissance économique, tout en protégeant les provinces et les consommateurs contre la possibilité que la croissance de la demande future d’électricité soit inférieure aux prévisions. 

De plus amples détails concernant les recommandations importantes sur la conception financière et opérationnelle du Fonds de progrès de l’électrification du Canada proposé sont présentés dans la note de politique générale, qui fait partie de la présentation officielle de L’Institut à la consultation publique sur la Stratégie nationale d’électrification et le prochain budget fédéral. 

CITATIONS 

« Le gouvernement du Canada a clairement affiché son ambition de doubler la capacité des réseaux d’électricité du pays, mais il ne dispose pas de la pleine gamme d’outils financiers nécessaires pour concrétiser ce projet. Le Fonds de progrès de l’électrification du Canada proposé pourrait aider à transformer les réseaux vieillissants et sous-alimentés d’aujourd’hui pour fournir une électricité propre abondante, fiable et abordable nécessaire pour propulser la croissance économique future du Canada. » 

— Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada 

« Du Royaume-Uni et de l’Europe jusqu’aux États-Unis et à la Chine, les partenaires commerciaux et les pairs du Canada à l’échelle mondiale adaptent leurs réseaux d’électricité et l’ensemble de leurs économies à une demande d’électricité en croissance rapide. Notre proposition accélérerait l’investissement essentiel du Canada dans l’électrification — un investissement qui ne se présente qu’une fois par génération — grâce à un mécanisme qui atténue les effets sur les prix des investissements dans le réseau. Il s’agit d’une approche pratique et stratégique qui contribuera, pour les réseaux d’électricité du pays, à garder une longueur d’avance sur la croissance de la demande, tout en limitant les hausses de prix et en renforçant la sécurité énergétique. » 

— Michael Liebreich, expert mondial en financement énergétique et président-directeur général de Liebreich Associates

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L’Institut climatique du Canada est le principal organisme de recherche sur les politiques en matière de changements climatiques au Canada. L’Institut produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des recherches de fond axées sur l’encouragement d’une croissance économique propre et d’une compétitivité à faible émission de carbone, la réduction des émissions et l’accélération de la transition énergétique carboneutre au Canada, et la capacité de notre économie et de notre infrastructure à résister au réchauffement climatique.

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À propos de Michael Liebreich 

Michael Liebreich est un expert mondial de premier plan en matière d’énergie propre et de transport, d’infrastructures intelligentes, de technologie, de financement climatique et de développement durable. Il est président-directeur général de Liebreich Associates, co-associé directeur d’EcoPragma Capital, président de PragmaCharge et fondateur de Bloomberg New Energy Finance.

FICHE DE RENSEIGNEMENTS: Changements climatiques et feux de forêt

Vu l’accélération des changements climatiques, attribuable en grande partie aux combustibles fossiles, les feux de forêt sont plus importants, intenses et destructeurs que jamais (Atlas climatique du Canada, s.d.). Le Canada, où se trouvent plus du quart des forêts boréales du monde entier, se réchauffe deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale (Gouvernement du Canada, 2019), ce qui signifie qu’il est frappé de plein fouet par les répercussions du réchauffement de la planète. En 2023, le pays a connu la saison de feux incontrôlés la plus destructrice de son histoire, avec 16,5 millions d’hectares brûlés, soit plus du double du record précédent et près de sept fois la moyenne historique (Ressources naturelles Canada, 2024). 

Les trois dernières saisons de feux ont figuré parmi les 10 pires jamais enregistrées. En 2024, le feux de Jasper en Alberta a détruit un tiers des structures de la ville et a été l’une des catastrophes naturelles les plus coûteuses de l’histoire du Canada, avec des dommages assurés estimés à 1,23 milliard de dollars (Bureau d’assurance du Canada, 2025).  L’année 2025 a connu la deuxième pire saison de feux de forêt de l’histoire du Canada, avec plus de 8,3 millions d’hectares brûlés et des feux ayant touché presque toutes les provinces et tous les territoires (Sécurité publique Canada, 2025).

Selon nos recherches, les gouvernements doivent, pour assurer la sécurité de la population canadienne contre les feux de forêt et les autres aléas climatiques qui s’aggravent, agir à la fois défensivement et offensivement, c’est-à-dire protéger les gens et les écosystèmes tout en accélérant l’abandon des combustibles fossiles afin de limiter le réchauffement climatique (Sawyer et coll., 2022).

Les changements climatiques exacerbent les feux de forêt

  • La saison des feux de forêt commence plus tôt, dure plus longtemps et est plus difficile à contrôler (Atlas climatique du Canada, s.d.; Ressources naturelles Canada, 2022). Des feux zombies couvent maintenant même durant l’hiver (Shingler, 2024).
  • Bien que les feux de forêt soient des perturbations naturelles qui contribuent à la santé et au renouvellement de nombreux écosystèmes forestiers (Conseil canadien des ministres des forêts, 2019), en raison du réchauffement climatique, ils sont de plus en plus intenses et incontrôlables, et donc encore plus destructeurs.
  • Les forêts canadiennes sont plus susceptibles d’être touchées par des feux de forte intensité dans un climat qui se réchauffe (Wang et al. 2025). Bien que le nombre total de feux de forêt n’augmente pas, le nombre et la taille des grands et très grands feux augmentent, tout comme la superficie annuelle brûlée (Hanes et al. 2025). 
  • En 2023, les changements climatiques ont plus que doublé la probabilité de conditions extrêmes propices aux feux incontrôlés dans l’Est canadien (World Weather Attribution, 2023). 
  • En raison de la surchauffe climatique, les étés sont de plus en plus chauds et secs au Canada, ce qui donne lieu à des précipitations plus erratiques, notamment une diminution de la quantité de pluie estivale dans certaines régions (Bush et Lemmen, 2019; Gifford et coll., 2022). Les feux de forêt sont plus susceptibles de se propager rapidement, les journées sèches et venteuses augmentant jusqu’à 50 % dans l’ouest du Canada et doublant ou triplant dans l’est du Canada (Wang et al. 2017). 
  • Le réchauffement climatique entraîne une diminution annuelle de la couverture de neige dans le nord du Canada en mai et en juin, créant des conditions plus sèches qui accroissent le risque de feux de forêt (Environnement et Changement climatique Canada, 2025). 
  • La foudre devient un phénomène plus fréquent à mesure que le climat se réchauffe (McKabe, 2023). En 2023, les feux déclenchés par la foudre ont été responsables de 93 % de la superficie brûlée au Canada, comparativement à seulement 7 % pour ceux d’origine humaine (Jain et coll., 2024).
  • Un risque accru de feux incontrôlés en raison des changements climatiques signifie que les feux – quelle qu’en soit la cause – se déclenchent, se répandent et deviennent hors de contrôle beaucoup plus facilement.
  • La suppression des feux a augmenté le risque de brasiers dans certaines régions du pays puisque cela permet l’accumulation de combustible dans certaines zones boisées, mais il s’agit d’un effet localisé. Historiquement, la suppression des feux a été minimale dans la plupart des forêts du Canada : seulement environ un cinquième de la superficie brûlée au pays entre 1986 et 2023 se trouvait dans des forêts activement aménagées où les feux étaient supprimés (Beverley, 2024). Même si les pratiques d’aménagement forestier sont demeurées largement inchangées, la superficie annuelle brûlée et la durée de la saison des feux ont continué d’augmenter en raison des changements climatiques.

Les feux de forêt nuisent à la santé et au bien-être de la population

  • La fumée des feux de forêt peut voyager sur des milliers de kilomètres (NASA Earth Observatory, 2015), forçant ainsi des fermetures d’écoles et entraînant une série de perturbations qui menacent la santé de millions de personnes (Lin, 2023), particulièrement les enfants, les personnes âgées et les personnes ayant des problèmes cardiaques ou pulmonaires. 
  • Les feux de forêt ardents libèrent une dangereuse quantité de particules dans l’air, associées à un risque accru de maladies cardiaques et cardiovasculaires, et de cancer du poumon et du cerveau (Egyed et coll., 2022; Korsiak et coll. 2022).
  • Entre 2020 et 2024, l’augmentation de la fumée de feux de forêt a été responsable de 1400 décès au Canada par année, en moyenne (Romanello et al. 2025). La fumée des feux de forêt canadiens de 2023 aurait causé plus de 80 000 décès prématurés à l’échelle mondiale (Zhang et al. 2025).
  • Cette épaisse fumée exerce une forte pression sur le système de santé canadien. On estime qu’en juin 2023, la fumée dégagée après une seule semaine de feux de forêt aurait coûté plus de 1,2 milliard de dollars à l’Ontario (Sawyer et coll., 2023) en raison d’effets sur la santé : décès prématurés, hausse des visites à l’hôpital, urgences médicales, etc.
  • La mauvaise qualité de l’air attribuable à la fumée frappe durement les personnes les plus vulnérables (Gouvernement du Canada, 2022). Les répercussions sont particulièrement importantes pour certains groupes, comme les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes qui travaillent à l’extérieur.
  • La fumée issue des feux de forêt, qui s’aggravent, exacerbe les symptômes d’asthme dans l’Ouest canadien (Matz et coll., 2020), sans compter les répercussions importantes sur la santé mentale des incendies et des inondations attribuables au climat (Belleville et coll., 2019).
  • Les feux incontrôlés peuvent détruire des résidences et des communautés entières, dévaster les écosystèmes fragiles et menacer la sécurité économique. Ces conséquences sont liées à des troubles de stress post-traumatique, à la dépression, à des troubles d’anxiété, voire à des pensées suicidaires (Hayes et coll., 2022).

L’effet de l’exacerbation des feux de forêt sur le coût de la vie

  • Les feux de forêt peuvent détruire des biens, des maisons et des communautés entières, ce qui fait grimper les coûts des assurances et le coût de la vie (Gerety, 2024; Vaillant, 2024). 
  • Depuis les années 1970, on note une hausse d’environ 150 millions de dollars par décennie des coûts liés à la protection contre les feux de forêt (Pittis, 2023). Ces coûts dépassent maintenant régulièrement le milliard de dollars par année (Gouvernement du Canada, 2026).
  • En 2016, les feux incontrôlés de Fort McMurray, en Alberta, auraient coûté 9 milliards de dollars en effets directs et indirects sur les plans matériel, financier, environnemental et de la santé (ICLR, 2019). Ils ont en outre donné lieu à la plus importante opération d’évacuation de l’histoire du Canada, avec plus de 2 400 structures détruites et 85 000 personnes déplacées.
  • Les feux incontrôlés ont des répercussions dans des secteurs essentiels de l’économie, dont le secteur forestier, un des plus importants employeurs du Canada (Lindsay et Pelai, 2024). Ils peuvent perturber les activités de foresterie et diminuer les stocks de bois, ce qui se répercute sur les travailleurs et les communautés qui en dépendent. En 2017, lors des grands feux en Colombie-Britannique, près d’une quarantaine de sociétés forestières ont dû cesser temporairement leurs activités (ministère de l’Environnement et de la Stratégie en matière de changements climatiques, 2019).
  • Le cumul des répercussions du réchauffement de la planète – dont les feux incontrôlés de plus en plus importants et fréquents – fait augmenter le coût de la vie au Canada en raison des pertes d’emploi, du ralentissement économique et de la hausse des impôts nécessaire pour couvrir la reprise suivant les catastrophes et la réparation des infrastructures. Entre 2015 et 2025 seulement, le fardeau additionnel des changements climatiques coûtera à lui seul 700 $ par année pour un ménage moyen, et ce montant ne fera qu’augmenter (Sawyer et coll., 2022).

Les gouvernements peuvent agir pour protéger les communautés et freiner le réchauffement

  • Les scientifiques préviennent que les conséquences des changements climatiques ne feront que s’aggraver à mesure qu’augmentera la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère (GIEC, 2022). Les gouvernements du monde entier, y compris les nôtres, doivent prendre des mesures immédiates pour réduire ces émissions et freiner le réchauffement climatique.
  • Les répercussions des changements climatiques se faisant déjà sentir et étant appelées à s’aggraver, il importe que les communautés et les gouvernements collaborent dès maintenant pour s’adapter et se préparer au risque accru d’incendies.
  • Les gouvernements fédéral et provinciaux peuvent favoriser la résilience face aux feux de forêt en limitant les aménagements dans les zones à risque élevé, en renforçant les codes et règlements relatifs au bâtiment (par exemple, l’utilisation de matériaux résistants au feu) et en améliorant la gestion de la forêt et de la végétation, notamment par le brûlage dirigé et d’autres mesures visant à réduire la quantité de combustible susceptible d’alimenter les feux à proximité des communautés à risque (Bénichou et coll., 2021).
  • Les programmes Intelli-feu de l’Alberta et de la Colombie-Britannique sont des exemples d’initiatives qui aident les communautés et les personnes à réduire les risques d’incendie (FireSmart Alberta, 2024; FireSmart B.C., 2024).
  • La gestion forestière comporte aussi des limites. Le brûlage prescrit et l’éclaircie mécanique nécessitent un entretien continu, sont des procédés trop coûteux et trop risqués pour être  appliqués à de vastes forêts canadiennes, et ne sont pas conçus pour arrêter les feux extrêmes attribuables aux conditions météorologiques, qui représentent la majorité de la superficie brûlée (Parisien et al. 2020). Ces outils conviennent mieux à des applications ciblées, comme la réduction du combustible dans les zones boisées entourant les communautés à risque, plutôt qu’à une stratégie visant à prévenir les feux de forêt à grande échelle sur l’ensemble du territoire canadien.

Les peuples autochtones touchés de façon disproportionnée et à l’avant-scène des solutions

  • De tout temps, les communautés autochtones au Canada ont utilisé les feux contrôlés comme pratique traditionnelle pour gérer le territoire. En soutenant cette pratique culturelle de brûlage, on peut réduire le risque de feux incontrôlés (BC Wildfire Service, 2022).
  • Au Canada, 80 % des communautés majoritairement autochtones se situent dans des régions sujettes aux incendies (Asfaw et coll., 2019).
  • Plus de 42 % des évacuations attribuables à un feu incontrôlé ont eu lieu dans des communautés majoritairement autochtones (Webber et Berger, 2023).
  • Entre 1980 et 2021, au Canada, 16 communautés (Christianson et coll., 2024) ont été évacuées au moins cinq fois; seules deux d’entre elles n’étaient pas des réserves autochtones.

Ressources

Experts disponibles pour commenter et contextualiser le sujet :

  • Ryan Ness – Directeur de la recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada et chercheur principal pour la série Les coûts des changements climatiques de l’Institut (heure de l’Est, anglais et français)
  • Zach Carriere –  Associé de recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada (heure de l’Est, anglais)

Demande de renseignements ou d’entrevue avec un expert :

Claudine Brulé
Cheffe, communications et relations externes (heure de l’Est, français/anglais)
cbrule@institutclimatique.ca
514 358-8525

Krystal Northey
Chargée de projet, affaires publiques (Heure des Rocheuses, anglais)
knorthey@institutclimatique.ca 
(250) 818-3748

Références

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Webber, Tammy et Noah Berger. « Canadian wildfires hit Indigenous communities hard, threatening their land and culture ». Associated Press, 19 juillet. https://apnews.com/article/canada-wildfire-indigenous-land-first-nations-impact-3faabbfadfe434d0bd9ecafb8770afce

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FICHE DE RENSEIGNEMENTS: Changements climatiques et inondations

En août 2024, les restes de l’ouragan Debby ont apporté au Québec des inondations battant tous les records et touchant 55 collectivités. Seulement un mois auparavant, près de 10 centimètres de pluie sont tombés à Toronto en trois heures, ont submergé l’infrastructure de la ville et inondé bon nombre de logements et d’entreprises. En Colombie-Britannique en novembre 2021, une rivière atmosphérique a déclenché des pluies records, entraînant des glissements de terrain et des inondations causant des dégâts considérables, coupant des voies d’accès principales à plusieurs régions de la province, entravant ainsi gravement l’économie.

À mesure que les changements climatiques s’accentuent, la population canadienne connaîtra une augmentation significative de la fréquence et de l’intensité de ces types d’inondations. Des concentrations croissantes dans l’atmosphère de gaz retenant la chaleur réchauffent l’air, qui emmagasine davantage d’humidité, entraînant de plus fortes précipitations et des orages plus intenses. Combiné à la fonte du manteau neigeux, à l’élévation du niveau de la mer et aux changements des modèles météorologiques, cela crée des conditions menant à des inondations plus sévères et plus imprévisibles. Ces inondations dévastent les collectivités, les économies et les moyens de subsistance.

Les changements climatiques entraînent des inondations de plus en plus sévères et fréquentes

  • En raison des changements climatiques, la plupart des régions du pays recevront davantage de précipitations, des pluies plus abondantes et extrêmes et des tempêtes côtières plus violentes (Zhang et coll. 2019; Vasseur et coll. 2017).
  • Des recherches signalent que les changements climatiques intensifient de nombreux facteurs contributifs qui se combinent pour accroître les risques d’inondation, notamment des précipitations plus abondantes et des ondes de tempêtes amplifiées par l’élévation du niveau des mers (Denchak 2023; Greenan et coll. 2019).
  • Le réchauffement climatique signifie que l’air plus chaud peut retenir davantage d’eau que l’air plus frais, accroissant le risque d’événements pluvieux plus abondants et plus extrêmes. Davantage de précipitations tomberont probablement en événements plus courts et plus intenses plutôt que de façon répartie sur une plus longue période (Westra et coll. 2014).
  • Des événements pluvieux de courtes durées, de plus en plus fréquents et violents augmentent la probabilité de crues éclair, en particulier dans les régions urbaines, submergeant les égouts pluviaux et les réseaux d’évacuation (Westra et coll. 2014; Sandink 2015; Brown et coll. 2021).
  • Des parties du sud de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Québec et des Provinces atlantiques ont enregistré une hausse de deux ou trois journées de fortes pluies par an en moyenne (Zhang et coll. 2019; Vincent et coll. 2018).
  • Les modèles climatiques projettent que d’ici la fin du siècle, un événement pluvieux extrême d’une récurrence de 1 sur 20 au Canada pourrait se produire tous les 5 à 15 ans; et le volume de précipitations extrêmes sur 24 heures devrait augmenter de plus de 5 à 12 % (Zhang et coll. 2019).

Les inondations peuvent gravement endommager les logements et l’infrastructure, coûtant des milliards de dollars

  • Les inondations sont les catastrophes les plus courantes et les plus coûteuses au Canada. Au cours des dix dernières années, les inondations ont entraîné en moyenne près de 800 millions de dollars en dommages assurés chaque année (Bureau d’assurance du Canada 2024).
  • Les assureurs estiment que pour chaque dollar de dommages assurés causés par une inondation, deux dollars de dommages non assurés sont assumés directement par les ménages et les contribuables (Honegger et Oehy 2016).
  • Plus de 1,5 million de logements dans l’ensemble du pays se trouvent dans des zones à risque élevé d’inondations (Ness et Florez Bossio 2024). Quatre-vingts pour cent des villes canadiennes sont construites, dans leur intégralité ou en partie, dans des plaines inondables (Sécurité publique Canada 2022).
  • À mesure que les précipitations extrêmes et les inondations côtières augmentent, les coûts annuels des dommages que causent les inondations aux logements et aux bâtiments au Canada pourraient être multipliés par trois à cinq d’ici le milieu du siècle, représentant plus de 5,5 milliards de dollars (Ness et coll. 2021).
  • Le 16 juillet 2024, à Toronto, près de 10 centimètres de pluie sont tombés en trois heures, entraînant des inondations massives dans la ville. Ces inondations ont causé pour près de 900 millions de dollars en pertes assurables. Le coût total des inondations est vraisemblablement bien plus élevé, si l’on tient compte des pertes non assurables et des pertes de productivité, par exemple (Pereira 2024 ; Musselwhite 2025). 
  • Entre le 8 et le 10 août 2024, les restes de l’ouragan Debby ont provoqué d’importantes inondations dans de nombreuses régions du sud du Québec et de l’est de l’Ontario. Les pertes assurées liées à cet événement s’élèvent à environ 2,8 milliards de dollars, ce qui en fait l’événement météorologique extrême le plus coûteux de l’histoire du Québec (CatIQ 2025).
  • Le Canada a enregistré cinq inondations coûtant plus d’un milliard de dollars depuis 2011 (Bureau d’assurance du Canada 2023; Manitoba Flood Review Task Force 2013; Bureau d’assurance du Canada 2024; Sécurité publique Canada 2023).
  • De nombreux propriétaires canadiens croient que leurs assurances paieront les réparations et la reconstruction après une inondation par ruissellement; cependant, seulement environ 10 à 15 % des ménages sont en fait couverts (Posadzki 2017).
  • Les ménages confrontés au risque le plus élevé d’inondations au Canada ne peuvent obtenir d’assurance contre les inondations ou n’ont pas les moyens de s’en prémunir du fait de leurs tarifs élevés (Sécurité publique Canada 2022).

Des inondations plus fréquentes et plus intenses présentent des risques pour les gens et les collectivités

  • De fortes chutes de pluie peuvent submerger les petits systèmes de traitement de l’eau potable, dégradant la qualité de l’eau et accroissant le risque de flambées de maladies hydriques (Wang et coll. 2018).
  • Plus de la moitié des flambées de maladies hydriques au cours des 50 dernières années aux États-Unis ont eu lieu après des épisodes de précipitations extrêmes (Charron et coll. 2011).
  • Les inondations peuvent être mortelles, car des gens se noient en traversant des eaux de crue à pied ou en véhicule ou en se retrouvant piégés dans des bâtiments inondés (Gouvernement du Canada 2021).
  • Les blessures sont courantes pendant et après des crues du fait des déplacements rapides d’objets pesants, de câblage et d’équipement électriques endommagés et du risque d’hypothermie due à des eaux de crue froides (Gouvernement du Canada 2021).
  • Les répercussions psychosociales d’une inondation sont significatives, accroissant les conflits familiaux, les tensions financières et le sentiment d’isolement. Dans certains cas, une inondation peut déclencher ou exacerber des problèmes de santé mentale, comme la dépression et des troubles de stress post-traumatique (Glenn et Myre 2022).
  • Quelques mois après les inondations au Québec en 2019, 44 % des personnes touchées présentaient des symptômes modérés à élevés de stress post-traumatique, 21 %, des symptômes de troubles anxieux, et 20 %, des troubles de l’humeur (Institut national de santé publique du Québec 2024).
  • Les bâtiments inondés sont rapidement colonisés par des moisissures, des champignons et des bactéries qui peuvent entraîner ou aggraver des problèmes cutanés, allergiques, oculaires, respiratoires et gastro-intestinaux, comme l’asthme, la conjonctivite et l’otite (Institut national de santé publique du Québec 2024).

Les administrations publiques peuvent agir pour protéger les collectivités de l’exacerbation des risques d’inondation

  • Les inondations s’aggraveront à mesure que la concentration de gaz retenant la chaleur continue d’augmenter dans l’atmosphère. Des mesures gouvernementales sont essentielles pour gérer ce risque croissant et limiter l’ajout d’émissions.
  • Parce que les répercussions des changements climatiques sur les inondations se font déjà sentir et s’accentuent du fait des émissions passées, les collectivités et les gouvernements doivent collaborer pour s’adapter et se préparer au risque accru d’inondations aujourd’hui et à l’avenir.
  • Certaines des principales mesures d’adaptation que les administrations publiques doivent prendre pour réduire les risques d’inondation et protéger les collectivités sont les suivantes :
    • éloigner les aménagements immobiliers des zones à risque élevé d’inondations : pour éviter de mettre davantage de logements en danger, les administrations publiques provinciales et municipales pourraient limiter les constructions dans les zones à risque élevé d’inondations. Des recherches de l’Institut climatique du Canada montrent que le fait d’orienter le développement à l’extérieur des zones à risque élevé d’inondations au cours de la prochaine décennie pourrait prévenir entre 340 millions et 2 milliards de dollars par année en nouvelles pertes liées aux inondations, et ce, sans freiner la croissance du parc immobilier (Ness et al. 2025).  
    • Renforcer les infrastructures de protection contre les inondations à l’échelle des collectivités : investir dans une nouvelle infrastructure améliorée de protection contre les inondations, comme des digues, des murs de protection contre les crues et des solutions fondées sur la nature, peut contribuer à protéger de manière rentable les collectivités à risque contre les inondations (Ness et coll. 2021);
    • soutenir une relocalisation proactive hors des zones présentant un risque élevé : dans quelques zones où le risque d’inondation est trop élevé pour pouvoir fournir une protection appropriée, les administrations publiques devraient communiquer avec les propriétaires et les collectivités afin d’envisager une relocalisation proactive, en offrant une assistance adéquate et des incitations leur permettant de déménager dans des zones plus sécuritaires (Sécurité publique Canada 2022).

Références et ressources

Spécialistes disponibles pour obtenir des commentaires et des renseignements contextuels sur ce sujet

  • Ryan Ness est directeur de recherche en mesures d’adaptation à l’Institut climatique du Canada et chercheur principal de la série Les coûts des changements climatiques de l’Institut (heure de l’Est, anglais et français).
  • Zach Carriere est associé de recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada (heure de l’Est, anglais).

Pour de plus amples détails ou pour interviewer un spécialiste, veuillez communiquer avec :

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Krystal Northey (Heure des Rocheuses, Anglais)
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(226) 212-9883

Références

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Nouvelle entente Canada–C.-B. : investissement dans la flexibilité et la fiabilité du réseau électrique

Ottawa—Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante en réponse à l‘Accord de prospérité et de collaboration entre le Canada et la Colombie-Britannique :

« Le nouveau financement fédéral pour l’expansion du réseau d’électricité propre de la Colombie-Britannique, annoncé aujourd’hui dans le cadre de l’entente Canada–C.-B., contribuera à créer un approvisionnement en électricité plus flexible et plus fiable, tout en stimulant la croissance industrielle et en renforçant l’avantage du Canada en matière d’électricité propre. L’engagement fédéral de 3,9 milliards de dollars pour appuyer la ligne de transport électrique de la côte Nord permettra d’acheminer une électricité propre et plus abordable vers le nord-ouest de la Colombie-Britannique, tout en jetant les bases d’un corridor énergétique propre avec le Yukon.

« Comme le souligne le récent rapport de recherche de l’Institut climatique du Canada, le gouvernement fédéral a un rôle crucial à jouer pour appuyer le développement du réseau électrique, tout en coopérant avec les provinces, les territoires et les communautés autochtones et en respectant leurs compétences. Nos recherches démontrent qu’un investissement proactif dans le transport d’électricité peut rendre les réseaux plus flexibles et favoriser l’investissement à la fois dans la nouvelle demande et la nouvelle offre, tout en maintenant des tarifs concurrentiels.

« Le nouvel investissement fédéral dans l’expansion de la mine Red Chris est un signal encourageant qui montre que le gouvernement s’engage à assurer la place du Canada dans la course aux minéraux critiques. Alors que la demande mondiale explose, sécuriser ces ingrédients clés soutiendra l’appétit du Canada — et du monde — pour un élément essentiel de la transition énergétique mondiale.

« Cela dit, nos recherches montrent que les fonds publics doivent être utilisés avec prudence pour catalyser l’investissement privé. Nous avons hâte d’en apprendre davantage sur la façon dont l’investissement fédéral permettra de réduire les émissions de la mine de 70 %, ainsi que sur la manière dont ces projets de minéraux critiques seront réalisés en partenariat avec les peuples autochtones et dans le respect de leurs droits.

« Enfin, bien que nous attendions davantage de détails sur l’entente visant à établir un nouveau cadre national de crédits carbone, il est encourageant de constater cette coordination provinciale-fédérale sur cette importante initiative. »

RESSOURCES ADDITIONNELLES

CONTACTS POUR LES MÉDIAS

Jaela Bernstien (heure de l’est)
Spécialiste principale des communications
L’Institut climatique du Canada
(226) 212-9883

À propos de l’Institut climatique

L’Institut climatique du Canada est un organisme de recherche indépendant sur les politiques climatiques. Il produit des recherches et analyses rigoureuses et des modélisations économiques, en s’appuyant sur des experts et des leaders de partout au pays. Nos travaux portent sur: l’accélération de la croissance propre et de la compétitivité sobre en carbone, la mesure des progrès dans la transition énergétique propre du Canada, l’amplification des perspectives autochtones et des solutions climatiques, la mobilisation d’investissements durables et le renforcement de la résilience de notre économie et de nos infrastructures face à un climat qui se réchauffe.

institutclimatique.ca

FICHE DE RENSEIGNEMENTS: Changements climatiques et vagues de chaleur

Les changements climatiques, principalement causés par la combustion d’énergies fossiles, causent des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses (Donneesclimatiques.ca, 2024). Ces vagues de chaleur représentent une menace pour la sécurité, le bien-être et la prospérité de la population canadienne, même dans les régions au climat traditionnellement plus tempéré, comme Vancouver, Whitehorse et Halifax.

À l’échelle mondiale, 2025 a été l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, et les onze dernières années ont été les onze plus chaudes jamais enregistrées (Organisation météorologique mondiale, 2026). Le Canada, qui se réchauffe plus rapidement que partout ailleurs sur la planète, subit les conséquences de ce dérèglement climatique (McBean, 2024). En 2025, des températures records au printemps et en été ont touché le Nouveau-Brunswick, la Colombie-Britannique, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, toutes les provinces des Prairies et le Nord-Ouest de l’Ontario, alimentant la deuxième pire saison de feux de forêt jamais enregistrée au pays (Environnement et Changement climatique Canada, 2025).

Les changements climatiques alimentent les vagues de chaleur 

  • Les changements climatiques augmentent la fréquence des chaleurs extrêmes et rendent les vagues de chaleur plus intenses, plus longues et plus étendues (Borenstein, 2024; Rantanen, 2024; Skinner et coll., 2025).
  • Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, et l’Arctique canadien se réchauffe presque quatre fois plus vite (gouvernement du Canada, 2019; Rantanen et coll., 2022).
  • Les projections climatiques montrent que, d’ici la seconde moitié du siècle, de nombreuses villes canadiennes connaîtront en moyenne deux à quatre fois plus de journées à 30 °C et plus par année, comparativement aux données historiques (Atlas climatique du Canada, s.d.).
  •  Les changements climatiques entraînent de plus en plus de blocages des systèmes météorologiques et font en sorte que les « dômes de chaleur » durables sont aujourd’hui près de trois fois plus fréquents qu’en 1950 (Li et coll., 2025). Un dôme de chaleur se forme lorsqu’un système de haute pression persistant emprisonne l’air chaud au-dessus d’une région, comme un couvercle. C’est ce phénomène qui a déclenché la vague de chaleur meurtrière de 2021 en Colombie-Britannique.
  • Le Canada a connu 12 épisodes de chaleur extrême en 2025, chacun rendu de 2 à 10 fois plus probable en raison des changements climatiques (Tamminga, 2025).

La chaleur induite par les changements climatiques amplifie les feux de forêt

  • Pendant la pire saison de feux de forêt jamais enregistrée au Canada en 2023, les changements climatiques ont plus que doublé la probabilité de conditions météorologiques extrêmes propices aux incendies (températures élevées, faible humidité et sécheresse) dans l’Est du Canada, et ont rendu la saison québécoise 50 % plus intense (World Weather Attribution, 2023).
  • Les vagues de chaleur favorisent l’apparition et la propagation des feux de forêt en augmentant la probabilité d’éclairs, la principale cause des feux de forêt (Pérez-Invernón et coll., 2023). Elles assèchent également la végétation, la rendant plus inflammable (Ressources naturelles Canada, 2024).
  • Pendant la vague de chaleur de 2021 en Colombie-Britannique, le nombre de feux de forêt actifs est passé de six à 175, ravageant près de 79 000 hectares, dont la totalité de la ville de Lytton (White et coll., 2023).
  • Pour en savoir plus sur les changements climatiques et les feux de forêt, consultez notre fiche de renseignements sur les feux de forêt.

La chaleur extrême alimentée par les changements climatiques fait monter le taux de mortalité et cause des problèmes de santé partout au Canada

  • Les changements climatiques ont déjà étendu la portée des chaleurs extrêmes. Plus du tiers de la population mondiale vit maintenant dans des régions où la chaleur limite sévèrement la possibilité de pratiquer une activité physique en toute sécurité (Parsons et coll., 2026). En Amérique du Nord, le stress thermique extrême, soit le seuil à partir duquel une action urgente est nécessaire pour éviter de graves répercussions sur la santé, a doublé en fréquence depuis les années 1970 (Emerton et coll., 2026).
  • Une étude publiée dans la revue Nature a révélé qu’entre 1981 et 2018, 37 % des décès liés à la chaleur dans le monde étaient attribuables aux changements climatiques (Vicedo-Cabrera et coll., 2021). Cette hausse de la mortalité est observable sur tous les continents.
  • Les risques pour la santé associés à la chaleur extrême inclus les accidents cardiovasculaires, les troubles respiratoires, les maladies rénales, les problèmes de grossesses, ainsi que des répercussions sur la santé mentale comme une hausse de l’anxiété, de la dépression et des comportements agressifs (Bell et coll., 2024; Kwak et coll., 2026; Neven et Quispel, 2025).
  • Les températures élevées prolongées sont associées à des conséquences durables sur la santé. L’exposition répétée aux vagues de chaleur entraîne un stress physiologique qui accélère le processus de vieillissement, à un rythme comparable à celui causé par le tabagisme (Choi et Ailshire, 2025; Kreier 2025).
  • Les changements climatiques aggravent la fréquence et l’intensité des épisodes de chaleur humide extrême, qui augmentent le risque de maladies liées à la chaleur, d’hospitalisation et de décès (Trudeau et coll., 2026). Un taux d’humidité élevé empêche la sueur de s’évaporer, ce qui complique la capacité du corps à se rafraîchir.
  • Des taux élevés de mortalité ont été observés pendant et après des vagues de chaleur au Canada (gouvernement du Canada, 2024). La vague de chaleur de 2021 en Colombie-Britannique aurait causé environ 619 décès liés à la chaleur, ce qui en fait la catastrophe la plus meurtrière de l’histoire de la province (BC Coroners Service, 2022).
  • Selon nos recherches, en l’absence de mesures d’adaptation et de préparation du système de santé, la Colombie-Britannique pourrait enregistrer en moyenne 2200 décès liés à la chaleur par année d’ici 2050 (Beugin et coll., 2023).
  • Des scientifiques ont découvert que la vague de chaleur de 2021 en Colombie-Britannique aurait été pratiquement impossible sans les changements climatiques causés par l’activité humaine (Philip et coll., 2022).
  • Une étude de 2024 a conclu que les températures estivales élevées au Québec sont associées chaque année à 470 décès, 225 hospitalisations, 36 000 visites à l’urgence, 7 200 transports ambulanciers et 15 000 appels à Info-Santé (Boudreault et coll., 2024). Avec les changements climatiques, le nombre de maladies et de décès liés à la chaleur pourrait doubler dans la province d’ici 2050 (Boudreault et coll., 2025).

Le fardeau économique de la chaleur extrême alimentée par les changements climatiques s’alourdit

  • Notre rapport de 2021,Les couts des changements climatiques pour la santé, prévoyait que les coûts liés aux décès et à la diminution de la qualité de vie attribuables à la chaleur extrême au Canada atteindraient 3 milliards de dollars par année d’ici le milieu du siècle (Clark et coll., 2021).
  • Notre analyse de la chaleur extrême au Canada montre que la vague de chaleur de 2021 en Colombie-Britannique a entraîné 12 millions de dollars en coûts de santé supplémentaires, et que les coûts sociétaux liés aux décès prématurés se sont élevés à 5,5 milliards de dollars (Beugin et coll., 2023).
  • Le secteur manufacturier canadien pourrait, à lui seul, subir des pertes annuelles de 1 à 2 milliards de dollars d’ici 2050, en raison des effets des vagues de chaleur sur la productivité de la main-d’œuvre (Clark et coll., 2021).
  • En l’absence de mesures d’adaptation, les dommages liés aux changements climatiques causés par la chaleur et les précipitations coûteront en moyenne 9,8 milliards de dollars supplémentaires par année pour les routes, les ponts, les tunnels et le transport en commun entre 2025 et 2100, selon notre rapport de 2026 Prévenir ou réparer : La preuve qu’adapter les infrastructures publiques aux changements climatiques rapporte gros (Ness et coll., 2026). Les dommages liés aux changements climatiques touchant les infrastructures électriques, attribuables principalement à la chaleur, pourraient augmenter de 1,8 milliard de dollars (Ness et coll., 2021).

Les gouvernements peuvent agir pour protéger les communautés et ralentir le réchauffement 

  • Des scientifiques ont averti que les conséquences des changements climatiques ne feront que s’aggraver à mesure que la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère augmente (GIEC, 2022).
  • Les gouvernements doivent agir immédiatement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement climatique, tout en s’adaptant et en se préparant aux risques pour la santé et la sécurité liés à la chaleur extrême.
  • Les stratégies d’adaptation peuvent améliorer les résultats pour les populations les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, les enfants, les personnes atteintes de maladies chroniques et les groupes défavorisés sur le plan socioéconomique (Santé Canada, 2011).
  • Voici des exemples de stratégies d’adaptation efficaces :quelques stratégiques efficaces :
    • Installer des appareils de refroidissement intérieurs (comme une thermopompe ou un climatiseur) et cultiver des toits verts et des arbres pour créer plus d’ombre. Selon notre analyse, en Colombie-Britannique, ces méthodes pourraient réduire le nombre de décès et d’hospitalisations liés à la chaleur de 12 % et de 7 % respectivement d’ici les années 2030 (Beugin et coll., 2023).
    • Communiquer aux employeurs et au public des renseignements à jour sur la façon de se protéger durant les vagues de chaleur extrême.
    • Envoyer des avertissements de chaleur assez tôt pour que la population, les communautés et les répondants puissent se préparer. 
    • Concevoir des infrastructures capables de supporter la chaleur et les pluies extrêmes pour potentiellement réduire les coûts des dommages de 80 % d’ici la fin du siècle, soit quelque 3,1 milliards de dollars par année (Ness et coll., 2021).
    • Réglementer la température intérieure maximale dans les logements locatifs afin de protéger les locataires de la chaleur extrême (Lawton, 2025).

Ressources principales

Experts disponibles pour commenter et contextualiser le sujet

  • Ryan Ness est directeur de la recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada et chercheur principal pour la série Coûts des changements climatiques. (heure de l’Est, en anglais et en français).

Demande de renseignements ou d’entrevue

Claudine Brulé
Cheffe, communications et relations externes 
cbrule@climateinstitute.ca
514 358-8525 

Références

Atlas climatique du Canada. (s.d.) « Les jours très chauds (+30 °C) » [données cartographiques, RCP 4.5, 2051–2080]. Prairie Climate Centre, Université de Winnipeg. https://atlasclimatique.ca/carte/canada/plus30_2060_45 

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FICHE DE RENSEIGNEMENTS: Changements climatiques et sécheresse

Une sécheresse est une période de temps anormalement sec suffisamment longue pour causer des pénuries d’eau graves pour les écosystèmes naturels, l’agriculture et les populations.  Les changements climatiques devraient accroître le risque et l’intensité des sécheresses dans une vaste région du centre du Canada (Bonsal et coll. 2024). En 2025, des conditions de sécheresse ont été ressenties partout au pays, alimentant la deuxième pire saison de feux de forêt de l’histoire du Canada (Environnement et Changement climatique Canada 2025). En septembre 2025, environ 85 % du territoire était anormalement sec ou en situation de sécheresse, et certains secteurs des Maritimes ont connu l’été le plus sec jamais enregistré.

Les changements climatiques rendent les sécheresses plus fréquentes et plus graves

Les changements climatiques exacerbent la sécheresse au Canada et à l’échelle mondiale

  • Le sud des Prairies et l’intérieur de la Colombie-Britannique sont particulièrement vulnérables à la sécheresse et ont connu plusieurs épisodes prolongés au cours du siècle dernier. Avec les changements climatiques, les régions déjà arides sont appelées à le devenir encore davantage (Bonsal et coll. 2024). 
  • Les zones touchées par la sécheresse devraient augmenter progressivement au long du siècle au pays, y compris dans les scénarios d’émissions modérées (Soltani et coll. 2024). Les provinces des Prairies, le sud des Territoires du Nord-Ouest, certaines régions de l’intérieur de la Colombie-Britannique et la  majeure partie de l’Ontario seront vraisemblablement les régions les plus touchées par l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses (Bonsal et coll. 2024). 
  • Même dans le scénario d’émissions le plus optimiste, la sécheresse qui survient actuellement une fois tous les dix ans dans la région sud des Prairies devrait se produire environ 2 à 3 fois par décennie (Bonsal et coll. 2024). 
  • Le manque de couvert neigeux dans des zones clés de l’ouest et du sud du Canada peut avoir de larges répercussions. Des pertes importantes de neige dans la Cordillère nord-américaine,  la source d’eau des principaux cours d’eau de l’ouest canadien,  mettent en péril l’approvisionnement en eau de 86 % des Canadiens et Canadiennes vivant dans les bassins touchés (Sarpong et coll. 2026).

Les sécheresses sont des catastrophes coûteuses

  • Les sécheresses ont été un facteur important de l’augmentation spectaculaire récente des paiements d’assurance-récolte au Canada, qui sont passés de 890 millions de dollars en 2018 à 4,9 milliards de dollars en 2022 (Arnason 2024).
  • Les dédommagements d’assurance pour sécheresse aux agriculteurs et à l’industrie agroalimentaire de l’Alberta ont atteint le record de 326,5 millions de dollars en 2023; plus du triple des dédommagements pour la sécheresse de 2021, selon l’Agriculture Financial Services Corporation (Smith 2024).
  • Du fait de graves sécheresses, le rendement des cultures en Saskatchewan a diminué d’un record de 47 % en 2021. Cette année-là, la Saskatchewan a été la seule province à enregistrer un repli de l’économie (-0,3 %). Statistique Canada a déclaré : « Si l’activité a augmenté dans la plupart des secteurs de l’économie, ces hausses ont été entièrement annulées par la pire sécheresse survenue en près de 20 ans. » (Statistique Canada 2022)
  • Dans la région de l’Abitibi, les producteurs de foin ont reçu une indemnisation record de 6,8 millions de dollars pour la sécheresse de 2023, plus que le triple de la moyenne annuelle (Cameron 2024).
  • Les sécheresses réduisent la capacité de production hydroélectrique, réduisant les revenus des services publics et rendant l’électricité plus coûteuse pour les consommateurs et consommatrices (CBC News 2023). 
  • En janvier 2024, les conditions de sécheresse en Colombie-Britannique et au Manitoba ont entraîné la baisse des niveaux de l’eau dans les réservoirs hydroélectriques, forçant les deux provinces à importer de l’électricité de l’extérieur de ces provinces (Presse canadienne 2024). En 2025, une sécheresse sévère a fait grimper les coûts d’exploitation de Manitoba Hydro à 684 millions de dollars  au-dessus des prévisions budgétaires (Semah 2025). 
  • Des niveaux de réservoirs chroniquement bas ont forcé Hydro-Québec à réduire ses exportations de plus de moitié entre 2022 et 2024. Combiné à des conditions de marché moins favorables, ce recul a entraîné une baisse de revenus de 866 millions de dollars pour la société d’État en 2024 seulement (Hydro-Québec 2025).

Les sécheresses menacent la santé de la population canadienne

  • Les sécheresses peuvent dégrader la qualité de l’eau potable et accroître le risque de maladies hydriques, car la lenteur des écoulements et une plus grande évaporation concentrent les polluants dans les étendues d’eau et favorisent la prolifération d’algues toxiques (Yusa et coll. 2015).
  • Les sécheresses peuvent contribuer à des problèmes respiratoires (Yusa et coll. 2015), du fait de la poussière des sols asséchés balayée par le vent, aggravant l’asthme et d’autres affections respiratoires.
  • Les sécheresses peuvent accroître le risque d’infections chez les personnes qui pratiquent des activités aquatiques, particulièrement lors de périodes chaudes et sèches où la fréquentation des plans d’eau augmente (Yusa et coll., 2015).
  • La sécheresse est également associée à des enjeux de santé mentale, tels que l’anxiété, la dépression et une hausse du risque de suicide, surtout chez les agriculteurs, qui peuvent subir un stress financier et émotionnel important durant ces épisodes (Ellis et Albrecht, 2017).

Les sécheresses augmentent les risques d’inondations, de feux de forêt et de dégradation des écosystèmes

  • Les sécheresses alimentent les feux de forêt en asséchant la végétation et les sols, créant ainsi des conditions hautement inflammables. Le manque d’eau prolongé affaiblit les arbres et les plantes, qui perdent leurs feuilles ou leurs aiguilles, s’assèchent et finissent par mourir, augmentant le combustible disponible. Parallèlement, la chaleur et la sécheresse abaissent l’humidité et accroissent les risques qu’une étincelle, qu’elle provienne de la foudre, d’un équipement ou de l’activité humaine, déclenche un incendie. Une fois allumés, le faible taux d’humidité permet aux feux de se propager rapidement et de brûler avec plus d’intensité, ce qui accroît la menace pour les communautés, les écosystèmes et les infrastructures essentielles.
  • Des conditions de sécheresse généralisées ont été un facteur majeur de la saison des feux de forêt de 2025, qui a vu d’importants brasiers dans presque toutes les provinces et tous les territoires et qui s’est classée comme la deuxième pire de l’histoire du Canada (Environnement et Changement climatique Canada 2025). Une étude menée au Manitoba a révélé que de faibles précipitations et un déficit de couvert neigeux avaient laissé les sols parmi les plus secs jamais enregistrés au début de 2025, alimentant la propagation rapide des feux de forêt dans la province (Amiri et coll. 2025). 
  • En 2023, une sécheresse prolongée de plusieurs années dans l’ouest du Canada, combinée à une « sécheresse éclair » survenue rapidement en Ontario et au Québec, ont été des facteurs déterminants de la pire saison de feux de forêt de l’histoire du Canada (Jain et coll. 2024). 
  • Les conditions de sécheresse alimentent les feux de nuit, un facteur clé qui contribue à transformer de petits incendies en feux importants et actifs (Luo et coll. 2024). 
  • La sécheresse peut accroître le risque d’inondation. Un temps sec dégrade la qualité des sols et tue la végétation, réduisant la capacité d’absorption des sols. Si de fortes précipitations suivent une sécheresse, l’eau peut ruisseler plus facilement, ce qui accroît les risques d’inondation (Bonsal et coll. 2019).
  • Les sécheresses dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, en particulier en juillet et août au moment de la migration des saumons (Curran et Marsden 2021) vers leurs zones de fraie en amont, peuvent causer des dommages graves et durables dans leurs populations, aux écosystèmes ainsi qu’aux communautés autochtones qui en dépendent (Curran et Marsden 2021).

Les gouvernements peuvent agir pour protéger la population canadienne contre les sécheresses

Les scientifiques ont avisé que les conséquences des changements climatiques ne feront que s’aggraver à mesure qu’augmente la concentration des gaz retenant la chaleur dans l’atmosphère (GIEC 2022). Les administrations publiques du monde entier, y compris celles du Canada, doivent agir immédiatement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement planétaire.

Parce que les répercussions des changements climatiques se font déjà sentir et s’aggravent, les collectivités et les administrations publiques doivent collaborer pour s’adapter et se préparer au risque actuel accru de sécheresses. Parmi les mesures que les gouvernements peuvent prendre, il y a:

  • Planification proactive : tous les ordres de gouvernement devraient appliquer une planification proactive en matière de sécheresse, en élaborant et en mettant en œuvre des plans d’intervention en cas de sécheresse, comme celui de l’Alberta. Ces plans peuvent comprendre des stratégies de gestion des ressources en eau et de coordination des efforts entre les secteurs et collectivités touchés (Gouvernement de l’Alberta 2024).
  • Économiser l’eau : la conservation de l’eau peut atténuer les effets néfastes des sécheresses lorsque les approvisionnements sont insuffisants. À court terme, cela peut inclure des restrictions d’utilisation de l’eau volontaires ou obligatoires en période de sécheresse. À plus long terme, les gouvernements peuvent mettre en œuvre des politiques pour prévenir le gaspillage, comme des compteurs d’eau et une tarification axée sur la conservation, la réduction des pertes dues aux fuites dans les réseaux de distribution vieillissants, et des normes d’efficacité pour les appareils et les équipements sanitaires. 
  • Protéger la qualité de l’eau : l’intensification des tests de qualité de l’eau et de la surveillance des eaux récréatives durant les sécheresses contribuent à prévenir les effets néfastes sur la santé publique (Yusa et coll., 2015).
  • Renforcer la résilience agricole : les gouvernements peuvent renforcer la résilience face aux sécheresses en améliorant les systèmes d’alerte précoce, comme l’Outil de surveillance des sécheresses au Canada (Agriculture et Agroalimentaire Canada 2024), en soutenant les investissements dans l’irrigation et le stockage de l’eau et en encourageant l’adoption de variétés de cultures résistantes à la sécheresse.
  • Soutien aux communautés agricoles : de bonnes assurances-récolte, des programmes d’aide en cas de catastrophe et des services de soutien en santé mentale sont essentiels pour aider les familles agricoles et les communautés rurales à composer avec la détresse financière et émotionnelle liée aux sécheresses (Bonsal et coll. 2011; Hart et coll. 2011).
  • Investir dans la recherche climatique et la gestion des sécheresses pour l’hydroélectricité : Le secteur peut mieux anticiper et gérer les sécheresses en investissant dans la modélisation climatique et la surveillance en temps réel (Ouranos s.d.). BC Hydro a financé des activités de recherche et développement afin d’améliorer ses capacités de prévision et de surveillance hydroclimatique (BC Hydro 2022). La société associe ces outils à un stockage pluriannuel dans ses réservoirs et à un réseau provincial intégré pour conserver l’eau de façon proactive et adapter ses opérations (Stocks 2025).

Ressources

Spécialistes disponibles pour commenter et offrir des renseignements contextuels sur ce sujet :

  • Ryan Ness est directeur de recherche en mesures d’adaptation à l’Institut climatique du Canada et chercheur principal de la série Les coûts des changements climatiques de l’Institut (heure de l’Est, anglais et français).
  • Zach Carriere est associé de recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada. (heure de l’Est, anglais).

Pour de plus amples détails ou pour interviewer un(e) spécialiste, veuillez communiquer avec :

Claudine Brulé
Spécialiste des communications et des relations avec les médias
cbrule@climateinstitute.ca
514-358-8525

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