La Mise à jour économique du printemps 2026 confirme l’engagement du Canada envers la compétitivité climatique, avec un travail important à venir

OTTAWA— Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante en réponse à la Mise à jour économique du printemps 2026 du Gouvernement du Canada :

« La décarbonisation est un moteur considérable des tendances des marchés mondiaux, alors que les pays cherchent à assurer leur sécurité et leur stabilité économiques. Un déploiement historique d’électricité propre, ainsi qu’une adoption croissante par les consommateurs de technologies à faibles émissions comme les véhicules électriques et les thermopompes, ont été accélérés par le conflit concernant le détroit d’Ormuz et la volatilité qui en a résulté sur les prix du pétrole et du gaz.

« C’est dans ce contexte que la Mise à jour économique du printemps met l’accent sur sur le renforcement de la compétitivité économique et l’accroissement des échanges commerciaux. Il est bienvenu que la Mise à jour reconnaisse l’importance continue de la Stratégie de compétitivité climatique du Budget 2025. La mise en œuvre de cette stratégie demeure la priorité urgente.

« La Stratégie de compétitivité climatique s’est explicitement engagée, par exemple, à renforcer la tarification industrielle du carbone. Cela demeure essentiel pour que le Canada soit en mesure de concurrencer et de s’imposer dans une économie mondiale de plus en plus axée sur des trajectoires à faibles émissions de carbone. Une tarification industrielle du carbone plus robuste peut favoriser des marchés du carbone cohérents, solides et coordonnés à l’échelle du Canada, en phase avec l’objectif gouvernemental d’une économie canadienne unifiée.

« Des engagements supplémentaires visant à élaborer une trajectoire de tarification du carbone pour l’après-2030, à corriger le mécanisme de référence de la tarification du carbone et à améliorer le filet de sécurité sont tous d’une importance capitale alors que le gouvernement fédéral travaille à finaliser son protocole d’entente avec l’Alberta. Comme les recherches de l’Institut l’ont démontré, la conception des marchés industriels du carbone sera déterminante pour les résultats en matière d’émissions du protocole d’entente Canada-Alberta.

« Le gouvernement fédéral n’a pas encore lancé la stratégie nationale d’électricité qu’il avait promise, pour donner suite à l’engagement du premier ministre de doubler l’approvisionnement en électricité propre et de mieux connecter et harmoniser les réseaux électriques provinciaux.

« Certains engagements supplémentaires, notamment une nouvelle stratégie pour les véhicules électriques, ont progressé. L’Institut climatique attend les détails du nouveau train de mesures pour placer le Canada sur la voie de l’objectif annoncé par le premier ministre, soit que l’équivalent de 75 pour cent des nouvelles ventes d’automobiles soit constitué de véhicules électriques d’ici 2035.

« L’appui du gouvernement fédéral à une taxonomie d’investissement durable et à une conférence sur la finance durable constitue une contribution importante pour que le Canada réussisse à attirer de nouveaux investissements dans des projets verts et de transition.

« Par ailleurs, la décision du gouvernement d’accroître et de réorienter 13 milliards de dollars en financement climatique international est également la bienvenue : elle aide les économies émergentes à réduire leurs émissions tout en ouvrant des marchés pour les technologies propres canadiennes et en mobilisant des investissements privés.

« Enfin, l’investissement de 6 milliards de dollars sur 10 ans pour soutenir l’adaptation aux changements climatiques pour les infrastructures et les bâtiments, entre autres priorités, est une mesure nécessaire et attendue depuis longtemps pour améliorer la résilience des collectivités. Toutefois, une approche plus globale et soutenue sera nécessaire dans les années à venir pour gérer les coûts croissants des phénomènes météorologiques extrêmes et des perturbations climatiques. »

RESSOURCES

CONTACTS

Claudine Brulé (français/anglais, heure de l’Est)
(514) 358-8525
cbrule@institutclimatique.ca

Krystal Northey (anglais, heure des Rocheuses)
(226) 212-9883
knorthey@institutclimatique.ca

FICHE DE RENSEIGNEMENTS: Changements climatiques et inondations

En août 2024, les restes de l’ouragan Debby ont apporté au Québec des inondations battant tous les records et touchant 55 collectivités. Seulement un mois auparavant, près de 10 centimètres de pluie sont tombés à Toronto en trois heures, ont submergé l’infrastructure de la ville et inondé bon nombre de logements et d’entreprises. En Colombie-Britannique en novembre 2021, une rivière atmosphérique a déclenché des pluies records, entraînant des glissements de terrain et des inondations causant des dégâts considérables, coupant des voies d’accès principales à plusieurs régions de la province, entravant ainsi gravement l’économie.

À mesure que les changements climatiques s’accentuent, la population canadienne connaîtra une augmentation significative de la fréquence et de l’intensité de ces types d’inondations. Des concentrations croissantes dans l’atmosphère de gaz retenant la chaleur réchauffent l’air, qui emmagasine davantage d’humidité, entraînant de plus fortes précipitations et des orages plus intenses. Combiné à la fonte du manteau neigeux, à l’élévation du niveau de la mer et aux changements des modèles météorologiques, cela crée des conditions menant à des inondations plus sévères et plus imprévisibles. Ces inondations dévastent les collectivités, les économies et les moyens de subsistance.

Les changements climatiques entraînent des inondations de plus en plus sévères et fréquentes

Les inondations peuvent gravement endommager les logements et l’infrastructure, coûtant des milliards de dollars

  • Les inondations sont les catastrophes les plus courantes et les plus coûteuses au Canada. Au cours des dix dernières années, les inondations ont entraîné en moyenne près de 800 millions de dollars en dommages assurés chaque année (Bureau d’assurance du Canada 2024).
  • Les assureurs estiment que pour chaque dollar de dommages assurés causés par une inondation, deux dollars de dommages non assurés sont assumés directement par les ménages et les contribuables (Honegger et Oehy 2016).
  • Plus de 1,5 million de logements dans l’ensemble du pays se trouvent dans des zones à risque élevé d’inondations (Ness et Florez Bossio 2024). Quatre-vingts pour cent des villes canadiennes sont construites, dans leur intégralité ou en partie, dans des plaines inondables (Sécurité publique Canada 2022).
  • À mesure que les précipitations extrêmes et les inondations côtières augmentent, les coûts annuels des dommages que causent les inondations aux logements et aux bâtiments au Canada pourraient être multipliés par trois à cinq d’ici le milieu du siècle (représentant plus de 5,5 milliards de dollars) et atteindre jusqu’à 13,6 milliards de dollars d’ici la fin du siècle (Ness et coll. 2021).
  • Le 16 juillet 2024, à Toronto, près de 10 centimètres de pluie sont tombés en trois heures, entraînant des inondations massives dans la ville. Ces inondations ont causé pour près de 900 millions de dollars en pertes assurables. Le coût total des inondations est vraisemblablement bien plus élevé, si l’on tient compte des pertes non assurables et des pertes de productivité, par exemple (Pereira 2024 ; Musselwhite 2025). 
  • Entre le 8 et le 10 août 2024, les restes de l’ouragan Debby ont provoqué d’importantes inondations dans de nombreuses régions du sud du Québec et de l’est de l’Ontario. Les pertes assurées liées à cet événement s’élèvent à environ 2,8 milliards de dollars, ce qui en fait l’événement météorologique extrême le plus coûteux de l’histoire du Québec (CatIQ 2025).
  • Le Canada a enregistré cinq inondations coûtant plus d’un milliard de dollars depuis 2011 (Bureau d’assurance du Canada 2023; Manitoba Flood Review Task Force 2013; Bureau d’assurance du Canada 2024; Sécurité publique Canada 2023).
  • De nombreux propriétaires canadiens croient que leurs assurances paieront les réparations et la reconstruction après une inondation par ruissellement; cependant, seulement environ 10 à 15 % des ménages sont en fait couverts (Posadzki 2017).
  • Les ménages confrontés au risque le plus élevé d’inondations au Canada ne peuvent obtenir d’assurance contre les inondations ou n’ont pas les moyens de s’en prémunir du fait de leurs tarifs élevés (Sécurité publique Canada 2022).

Des inondations plus fréquentes et plus intenses présentent des risques pour les gens et les collectivités

  • De fortes chutes de pluie peuvent submerger les petits systèmes de traitement de l’eau potable, dégradant la qualité de l’eau et accroissant le risque de flambées de maladies hydriques (Wang et coll. 2018).
  • Plus de la moitié des flambées de maladies hydriques au cours des 50 dernières années aux États-Unis ont eu lieu après des épisodes de précipitations extrêmes (Charron et coll. 2011).
  • Les inondations peuvent être mortelles, car des gens se noient en traversant des eaux de crue à pied ou en véhicule ou en se retrouvant piégés dans des bâtiments inondés (Gouvernement du Canada 2021).
  • Les blessures sont courantes pendant et après des crues du fait des déplacements rapides d’objets pesants, de câblage et d’équipement électriques endommagés et du risque d’hypothermie due à des eaux de crue froides (Gouvernement du Canada 2021).
  • Les répercussions psychosociales d’une inondation sont significatives, accroissant les conflits familiaux, les tensions financières et le sentiment d’isolement. Dans certains cas, une inondation peut déclencher ou exacerber des problèmes de santé mentale, comme la dépression et des troubles de stress post-traumatique (Glenn et Myre 2022).
  • Quelques mois après les inondations au Québec en 2019, 44 % des personnes touchées présentaient des symptômes modérés à élevés de stress post-traumatique, 21 %, des symptômes de troubles anxieux, et 20 %, des troubles de l’humeur (Institut national de santé publique du Québec 2024).
  • Les bâtiments inondés sont rapidement colonisés par des moisissures, des champignons et des bactéries qui peuvent entraîner ou aggraver des problèmes cutanés, allergiques, oculaires, respiratoires et gastro-intestinaux, comme l’asthme, la conjonctivite et l’otite (Institut national de santé publique du Québec 2024).

Les administrations publiques peuvent agir pour protéger les collectivités de l’exacerbation des risques d’inondation

  • Les inondations s’aggraveront à mesure que la concentration de gaz retenant la chaleur continue d’augmenter dans l’atmosphère. Des mesures gouvernementales sont essentielles pour gérer ce risque croissant et limiter l’ajout d’émissions.
  • Parce que les répercussions des changements climatiques sur les inondations se font déjà sentir et s’accentuent du fait des émissions passées, les collectivités et les gouvernements doivent collaborer pour s’adapter et se préparer au risque accru d’inondations aujourd’hui et à l’avenir.
  • Certaines des principales mesures d’adaptation que les administrations publiques doivent prendre pour réduire les risques d’inondation et protéger les collectivités sont les suivantes :
    • éloigner les aménagements immobiliers des zones à risque élevé d’inondations : pour éviter de mettre davantage de logements en danger, les administrations publiques provinciales et municipales pourraient limiter les constructions dans les zones à risque élevé d’inondations. Des recherches de l’Institut climatique du Canada montrent que le fait d’orienter le développement à l’extérieur des zones à risque élevé d’inondations au cours de la prochaine décennie pourrait prévenir entre 340 millions et 2 milliards de dollars par année en nouvelles pertes liées aux inondations, et ce, sans freiner la croissance du parc immobilier (Ness et al. 2025).  
    • Renforcer les infrastructures de protection contre les inondations à l’échelle des collectivités : investir dans une nouvelle infrastructure améliorée de protection contre les inondations, comme des digues, des murs de protection contre les crues et des solutions fondées sur la nature, peut contribuer à protéger de manière rentable les collectivités à risque contre les inondations (Ness et coll. 2021);
    • soutenir une relocalisation proactive hors des zones présentant un risque élevé : dans quelques zones où le risque d’inondation est trop élevé pour pouvoir fournir une protection appropriée, les administrations publiques devraient communiquer avec les propriétaires et les collectivités afin d’envisager une relocalisation proactive, en offrant une assistance adéquate et des incitations leur permettant de déménager dans des zones plus sécuritaires (Sécurité publique Canada 2022).

Références et ressources

Spécialistes disponibles pour obtenir des commentaires et des renseignements contextuels sur ce sujet

  • Ryan Ness est directeur de recherche en mesures d’adaptation à l’Institut climatique du Canada et chercheur principal de la série Les coûts des changements climatiques de l’Institut (heure de l’Est, anglais et français).
  • Zach Carriere est associé de recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada (heure de l’Est, anglais).

Pour de plus amples détails ou pour interviewer un spécialiste, veuillez communiquer avec :

Claudine Brulé (Heure de l’Est, français/anglais)
Cheffe, communications et affaires externes
cbrule@institutclimatique.ca
(514) 358-8525

Krystal Northey (Heure des Rocheuses, Anglais)
Chargée de projets, affaires publiques 
knorthey@institutclimatique.ca  
(226) 212-9883

Références

Banque mondiale. 2017. « Land Use Planning for Urban Flood Risk Management. » Urban Floods Community of Practice. Avril. https://documents1.worldbank.org/curated/en/858461494250358652/pdf/114816-WP-PUBLIC-P15665-GSU08-add-series-4UFCOPKnowledgeNoteMay.pdf

Bourque, Julien. 2021. « Grondement à l’horizon : trois mesures que doivent prendre les gouvernements pour protéger les propriétaires et les locataires des enjeux d’assurance. » 13 décembre. Institut climatique du Canada. https://institutclimatique.ca/grondement-a-lhorizon/

Brown, Craig, Ewa Jackson, Deborah Harford et David Bristow. 2021. « Villes et milieux urbains », chapitre 2, dans Le Canada dans un climat en changement : Enjeux nationaux, édité par F.J. Warren et N. Lulham. Gouvernement du Canada, p. 26

Bureau d’assurance du Canada. 2024. « Les événements météorologiques extrêmes en 2023 ont causé plus de 3,1 milliards $ en dommages assurés. » 8 janvier. https://fr.ibc.ca/news-insights/news/severe-weather-in-2023-caused-over-3-1-billion-in-insured-damage

Catastrophic Indices and Quantification Inc.. 2025. “CAD 2.806 B – CatIQ Discloses Updated Industry Loss for the Flooding from the Remnants of Hurricane Debby in August 2024” CatIQ. https://public.catiq.com/2025/08/12/cad-2-806-b-catiq-discloses-updated-industry-loss-for-the-flooding-from-the-remnants-of-hurricane-debby-in-august-2024/

Charron, Dominique F., M. Kathleen Thomas, David Waltner-Toews, Jeffery J. Aramini, Tom Edge, Robert A. Kent, Abdel R. Maarouf et Jeff Wilson. 2004. « Vulnerability of waterborne diseases to climate change in Canada: A review. » Journal of Toxicology and Environmental Health, Part A, 67 (20-22) : 1667-1677. https://www.tandfonline.com/doi/10.1080/15287390490492313

Clarke, Ben et Otto Friederike. 2024. « Les évènements météorologiques extrêmes et le changement climatique : Un guide pour les journalistes. » World Weather Attribution. https://www.worldweatherattribution.org/reporting-extreme-weather-and-climate-change-a-guide-for-journalists/

Denchak, Melissa. 2023. « Flooding and Climate Change: Everything You Need to Know. » Natural Resources Defense Council, 3 novembre. https://www.nrdc.org/stories/flooding-and-climate-change-everything-you-need-know#facts

Glenn, Nicole et Maxine Myre. 2022. « Impacts psychosociaux et priorités à l’échelle communautaire après un épisode d’inondation au Canada : rapport préliminaire. » Centre de collaboration nationale en santé environnementale, 22 novembre. https://ncceh.ca/resources/evidence-reviews/post-flooding-community-level-psychosocial-impacts-and-priorities-canada

Gouvernement du Canada. 2021. « Fiches d’information sur les changements climatiques et la santé publique. » Agence de la santé publique du Canada, 1er février. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/promotion-sante/sante-publique-environnementale-changements-climatiques/fiches-information-changements-climatiques-sante-publique-inondations.html

Greenan, Blair J.W., Thomas S. James, John W. Loder, Pierre Pepin, Kumiko Azetsu-Scott, Debby Ianson, Roberta C. Hamme, Denis Gilbert, Jean-Éric Tremblay, Xiaolan L. Wang et Will Perrie. 2019. « Changements touchant les océans qui bordent le Canada »; chapitre 7 dans Rapport sur le climat changeant du Canada, édité par E. Bush et D.S. Lemmen. Gouvernement du Canada. p. 343-423. https://changingclimate.ca/CCCR2019/fr/chapitre/7-0/

Honegger, Caspar et Christoph Oehy. 2016. The road to flood resilience in Canada. Swiss Re. https://www.preventionweb.net/files/49295_theroadtofloodresilienceincanada.pdf

Institut national de santé publique du Québec. 2024. « Inondations. » Institut national de santé publique du Québec, 3 avril. https://www.inspq.qc.ca/changements-climatiques/menaces/inondations

Musselwhite, Beth. 2025. “CatIQ reduces 2024 Ontario flash flooding loss estimate by 9% to CAD 899m” Reinsurance news, 16 Juillet. https://www.reinsurancene.ws/catiq-reduces-2024-ontario-flash-flooding-loss-estimate-by-9-to-cad-899m/

Ness, Ryan et Camila Florez Bossio. 2024. « La déferlante des risques d’inondation et le dilemme des assurances. » Institut climatique du Canada. 18 mars. https://institutclimatique.ca/risques-inondation-dilemme-assurances/

Ness, Ryan, Dylan G. Clark, Julien Bourque, Dena Coffman et Dale Beugin. 2021. Submergés : Les coûts des changements climatiques pour l’infrastructure au Canada. Institut climatique du Canada, septembre. https://institutclimatique.ca/wp-content/uploads/2021/09/Infrastructure-FRENCH-report-Sept-28.pdf

Ness, Ryan, Sarah Miller, Camila Flórez Bossio, Ricardo Pelai et Zacharie Carriere. 2025. Des risques à nos portes: construire de nouveaux logements à l’abri des impacts climatiques. Institut climatique du Canada. https://institutclimatique.ca/wp-content/uploads/2025/02/Risques-a-nos-portes-Institut-climatique-Canada.pdf 

Pereira, Ana. 2024. « Toronto’s ’After’ Math: Total Damage from Flash Flood Could Surpass $1 Billion. Here’s How Much Floods Cost Homeowners Every Year. » Toronto Star, 17 juillet. https://www.thestar.com/business/toronto-s-after-math-total-damage-from-flash-flood-could-surpass-1-billion-here-s/article_091766d4-4447-11ef-a1ea-eb24413392a4.html

Posadzki, Alexandra. 2017. « Majority of Canadian homeowners not insured for flooding: experts. » The Globe and Mail, 8 mai. https://www.theglobeandmail.com/news/national/majority-of-canadian-homeowners-not-insured-for-flooding-experts/article34925679/

Sandink, Dan. 2015. « Urban Flooding and Ground‐related Homes in Canada: An Overview. » Journal of Flood Risk Management 9(3) : 208-223. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/jfr3.12168

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Vasseur, Liette, Mary Thornbush et Steve Plante. 2017. « Climatic and Environmental Changes Affecting Communities in Atlantic Canada. » Sustainability 9(8) : 1293. https://www.mdpi.com/2071-1050/9/8/1293

Vincent, L.A, X. Zhang, É. Mekis, H. Wan et E.J. Bush. 2018. « Changes in Canada’s Climate: Trends in Indices Based on Daily Temperature and Precipitation Data. » Atmosphere-Ocean 56(5) : 332-349. https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/07055900.2018.1514579#abstract

Wang, Yi, Edward McBean et Bahram Gharabaghi. 2018. « Increased Risks of Waterborne Disease Outbreaks in Northern Ontario Due to Climate Change. » Journal of Water Management Modeling. https://doi.org/10.14796/jwmm.c436

Westra, Seth., H.J. Fowler, J.P. Evans, L.V. Alexander, P. Berg, F. Johnson, E.J. Kendon, G. Lenderink et N.M. Roberts. 2014. « Future Changes to the Intensity and Frequency of Short-Duration Extreme Rainfall. » Reviews of Geophysics 52 : 522–555. doi:10.1002/2014RG000464. https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2014RG000464

World Weather Attribution. 2023. « Climate change more than doubled the likelihood of extreme fire weather conditions in Eastern Canada. » Août 22. https://www.worldweatherattribution.org/climate-change-more-than-doubled-the-likelihood-of-extreme-fire-weather-conditions-in-eastern-canada/

Zhang, Xuebin, Greg Flato, Megan Kirchmeier-Young, Lucie Vincent, Hui Wan, Xiaolan L. Wang, Robin Rong, John Fyfe, Guilong Li et Viatchelsav V. Kharin. 2019. « Les changements de température et de précipitations au Canada. » Chapitre 4. dans Rapport sur le climat changeant du Canada, édité par E. Bush et D.S. Lemmen. Gouvernement du Canada. p 112-193. https://changingclimate.ca/CCCR2019/fr/chapitre/7-0/

L’accord Canada-Alberta sur le méthane est prometteur, mais son succès repose sur les détails d’équivalence et sur la transparence

OTTAWA—Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante au sujet de l’accord de principe en vue d’un accord d’équivalence Canada-Alberta sur le méthane:

« L’annonce d’aujourd’hui d’un accord de principe entre le Canada et l’Alberta sur la réduction des émissions de méthane constitue un pas dans la bonne direction. Les détails finaux de l’entente d’équivalence, ainsi que le respect de l’engagement à assurer une vérification indépendante et transparente des résultats, seront déterminants pour en assurer le succès. 

« La réduction des émissions de méthane constitue l’une des options les moins coûteuses pour diminuer les émissions dans le secteur pétrolier et gazier, tout en permettant aux entreprises canadiennes de développer et d’exporter des solutions innovantes. D’ailleurs, l’industrie a déjà enregistré des progrès encourageants en la matière, en grande partie grâce à l’action conjointe des gouvernements fédéral et provinciaux. 

« L’engagement pris aujourd’hui de confier à un tiers indépendant la modélisation et l’évaluation des réductions d’émissions est essentiel pour renforcer l’ambition et l’intégrité des politiques, et pour assurer que la réglementation couvre adéquatement l’ampleur des émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier albertain. 

« Bien que cet accord de principe soit conforme à l’engagement prévu dans le protocole d’entente Canada–Alberta, il représente un recul par rapport à l’objectif du Canada de réduire les émissions de méthane de 75 % sous les niveaux de 2012 d’ici 2030. En reportant cette cible, le Canada renonce à environ 53 Mt d’équivalent CO₂ de réductions d’émissions réalisables et rentables au cours de la prochaine décennie. L’entente laisse également en suspens plusieurs éléments clés, notamment le rôle des crédits compensatoires, qui devra être clairement défini afin d’éviter toute double comptabilisation. 

« Nous avons hâte de commenter les détails de l’entente d’équivalence lorsqu’elle sera soumise à la consultation publique, et nous travaillerons à ce que l’entente finale soit rigoureuse, transparente et alignée sur les données probantes et les meilleures pratiques, afin d’en maximiser l’efficacité. »

RESSOURCES ADDITIONNELLES

CONTACTS POUR LES MÉDIAS

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À propos de l’Institut climatique

L’Institut climatique du Canada est un organisme de recherche indépendant sur les politiques climatiques. Il produit des recherches et analyses rigoureuses et des modélisations économiques, en s’appuyant sur des experts et des leaders de partout au pays. Nos travaux portent sur: l’accélération de la croissance propre et de la compétitivité sobre en carbone, la mesure des progrès dans la transition énergétique propre du Canada, l’amplification des perspectives autochtones et des solutions climatiques, la mobilisation d’investissements durables et le renforcement de la résilience de notre économie et de nos infrastructures face à un climat qui se réchauffe.

Les données montrent qu’une tarification du carbone industriel plus stricte ne coûterait aux producteurs de sables bitumineux qu’un Timbit par baril en moyenne en 2030

OTTAWA — Respecter les conditions du protocole d’entente (PE) Canada-Alberta sur le renforcement des marchés du carbone industriel n’aurait qu’un impact minimal sur les résultats financiers du secteur des sables bitumineux, selon une nouvelle recherche de l’Institut climatique du Canada.

Plus précisément, la dernière analyse de l’Institut portant sur les coûts de conformité et les bénéfices projet par projet a révélé que les producteurs de sables bitumineux paieraient en moyenne moins de 50 cents le baril en 2030, comparativement à 9 cents le baril aujourd’hui, si le prix minimum des crédits carbone atteignait 130 $ la tonne d’ici la fin de la décennie. C’est à peu près l’équivalent du coût d’un Timbit, compte tenu de l’inflation.

Le projet 440 mégatonnes de l’Institut a publié un nouveau calculateur de coûts permettant aux utilisateurs d’explorer les coûts ou les avantages auxquels des projets précis de sables bitumineux seraient confrontés dans le cadre des prix actuels et futurs du carbone industriel. Il montre que le coût de la tarification du carbone industriel représente aujourd’hui moins d’1% de la valeur d’un baril de pétrole — soit 0,5 % du prix du Western Canadian Select à 100 $ CA le baril.

Cette nouvelle recherche survient dans la foulée de récents commentaires publics et de reportages médiatiques affirmant que la tarification du carbone industriel nuit à la compétitivité du secteur pétrolier et gazier canadien — ce qui n’est pas étayé par des données probantes.

Au contraire, la tarification du carbone est conçue pour protéger la compétitivité. Des programmes comme le système TIER (Technology Innovation and Emissions Reduction) de l’Alberta s’appuient sur des seuils d’émissions qui limitent les coûts pour les industries exposées aux échanges commerciaux, tout en encourageant les réductions d’émissions. Les entreprises ne paient le prix du carbone que sur la portion des émissions dépassant un seuil de rendement, et peuvent générer des revenus si leurs émissions sont inférieures à ce seuil, en vendant des crédits carbone sur le marché ou en les conservant pour un usage futur.

L’Institut climatique a également analysé près de deux décennies de données afin d’évaluer l’impact de la tarification du carbone industriel sur la compétitivité des installations de sables bitumineux. L’analyse n’a révélé aucune donnée statistiquement significative de contraction des exportations liée à la tarification du carbone, à partir de 17 années de données provinciales sur le commerce couvrant 10 provinces et 19 secteurs industriels, et après prise en compte des cycles des produits de base et de la demande américaine, des prix du pétrole et des tendances provinciales. L’effet moyen estimé était essentiellement nul.

La tarification du carbone industriel est la politique climatique la plus importante au Canada pour réduire les émissions, stimuler l’innovation et maintenir la compétitivité économique, tout en n’ayant pratiquement aucun coût pour les consommateurs. Le maintien de la trajectoire prévue vers un prix minimum de 130 $ la tonne pour les crédits carbone d’ici 2030 offrira une certitude à long terme au milieu des affaires et contribuera à réduire la pollution carbone dans diverses industries.

CITATIONS

« Les données probantes montrent que le renforcement de la tarification du carbone industriel ne coûtera aux entreprises de sables bitumineux qu’un Timbit le baril d’ici la fin de la décennie. On voit mal comment un projet pourrait se déclarer non rentable en raison d’un coût aussi négligeable — surtout s’il représente moins de 1 % du coût d’un baril de pétrole. L’Alberta et le Canada se sont engagés à renforcer les marchés du carbone industriel. Combler les lacunes et augmenter le prix des crédits carbone sont non négociables si cette politique importante vise à réduire les émissions tout en maintenant des coûts faibles pour l’industrie. »

— Rick Smith, président, Institut climatique du Canada

« Notre nouvelle analyse et notre calculateur en ligne montrent à quel point les coûts de la tarification du carbone industriel sont faibles pour les producteurs de sables bitumineux. Si les marchés du carbone sont renforcés conformément aux engagements pris par l’Alberta et le Canada dans le protocole d’entente, la tarification du carbone industriel n’ajouterait pas plus de 50 cents au prix d’un baril de pétrole. C’est une erreur d’arrondi dans les bilans financiers, pas une menace pour la compétitivité. Si les producteurs canadiens de sables bitumineux sont véritablement si vulnérables à des coûts aussi minimes, c’est qu’ils font face à des problèmes structurels de compétitivité bien plus importants. »

— Dale Beugin, vice-président exécutif, Institut climatique du Canada

RESSOURCES

Analyse | La tarification du carbone industriel ne coûtera qu’un Timbit par baril au secteur des sables bitumineux canadiens

Calculateur du prix du carbone industriel pour les producteurs de sables bitumineux | Coûts carbone et revenus de crédits par installation (en anglais)

Analyse | Pourquoi la tarification industrielle du carbone ne coûte qu’un Timbit le baril aux sables bitumineux

Fiche de renseignements | Comment la tarification du carbone industriel réduit les émissions à moindre coût

Analyse | La tarification du carbone industriel a des répercussions financières négligeables pour les ménages… quand elle ne leur profite pas carrément

CONTACTS

Krystal Northey
Chargée de projet, affaires publiques
Institut climatique du Canada
(226) 212-9883

À propos de l’Institut climatique du Canada

L’Institut climatique du Canada est le principal organisme de recherche sur les politiques climatiques au pays. L’Institut produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des recherches approfondies axées sur la stimulation d’une croissance économique propre et d’une compétitivité sobre en carbone, la réduction des émissions et l’accélération de la transition énergétique vers la carboneutralité au Canada, ainsi que sur le renforcement de la résilience de notre économie et de nos infrastructures face aux effets d’un climat qui se réchauffe.

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FICHE DE RENSEIGNEMENTS: Comment la tarification du carbone industriel réduit les émissions à moindre coût

Les systèmes de tarification du carbone industriel sont le principal levier politique dont dispose le Canada pour réduire la pollution par le carbone et créer une économie compétitive propre, où les entreprises bénéficient de coûts bas, et les projets sobres en carbone, d’incitatifs majeurs aux investissements. En outre, ces systèmes sont conçus pour ne coûter presque rien aux consommateurs canadiens.

L’Institut climatique du Canada a réalisé des recherches et des modélisations approfondies pour quantifier les effets de la tarification du carbone industriel. La présente fiche de renseignement explique les mécanismes et les raisons grâce auxquels cette politique n’a quasiment aucune conséquence pour les dépenses courantes du Canadien moyen et conserve un coût faible pour les entreprises : 

  1. La tarification du carbone industriel ne coûte presque rien aux consommateurs canadiens… quand elle ne leur profite pas carrément. 
    • La recherche de l’Institut climatique montre qu’en 2025, l’effet de ces systèmes sur la consommation des ménages (un indicateur du revenu) avoisine les 0 %. On s’attend à ce que les coûts restent très bas et ne réduisent la consommation que d’un dixième de point de pourcentage d’ici 2030.
    • Dans certains cas, la tarification du carbone industriel (ou « système d’échange pour les grands émetteurs ») rapporte de faibles bénéfices nets aux consommateurs, essentiellement en raison de dispositions du système albertain qui réduisent le coût de l’électricité.
  1. La tarification du carbone industriel concerne des biens vendus sur des marchés internationaux, où la plupart des augmentations de prix ne touchent pas les consommateurs.
    • La plupart des entreprises qui participent au système de tarification du carbone industriel vendent une part importante de leurs produits dans d’autres pays.
    • Environ 50 % de la production des grands émetteurs canadiens est exportée, et ce pourcentage est encore plus grand pour certains secteurs, ce qui entraîne une diminution supplémentaire des coûts pour les consommateurs. Par exemple, l’industrie des sables bitumineux envoie près de 80 % de sa production à l’étranger.
    • De plus, les produits exportés sont vendus sur des marchés mondiaux, qui déterminent le prix payé et limitent encore davantage le montant dont s’acquittent les consommateurs.
  2. La tarification du carbone industriel n’a pratiquement aucun effet sur le prix des aliments et le secteur agricole.
    • Réalisée avec Navius Research dans le cadre de l’évaluation indépendante sur les systèmes de tarification du carbone, le modèle de l’Institut climatique montre que la tarification du carbone industriel n’a, dans l’ensemble, presque aucune incidence sur les dépenses alimentaires des ménages. 
    • La même analyse prévoit que l’effet cumulatif du PIB sur le secteur agricole sera de 0,08 % en 2030.
    • Les fermiers ne paient pas directement la tarification du carbone industriel et presque aucun coût n’est répercuté sur la chaîne d’approvisionnement et les consommateurs. 
  3.  Les coûts pour les consommateurs sont négligeables car les produits industriels n’ont qu’une faible incidence sur le prix des biens de consommation finis.
    • La tarification du carbone industriel ne s’applique pas directement aux consommateurs individuels, seulement aux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre au pays, tels que les installations de sables bitumineux, les aciéries et les usines de ciment. 
    • La tarification du carbone industriel entraîne des augmentations modestes ou négligeables du coût des biens industriels (comme l’acier), lequel ne représente qu’une petite portion du coût des produits de consommation achetés par les Canadiens. 
    • Par exemple, les recherches montrent que la tarification du carbone industriel s’appliquant aux aciéries les plus émettrices du pays ajouterait seulement 0,12 $ au prix d’un réfrigérateur et moins de 3 $ à celui d’une camionnette.
  4. La tarification du carbone industriel n’est pas onéreuse pour les entreprises, ce qui limite aussi les coûts répercutés sur les consommateurs. 
    • La tarification est conçue pour limiter les coûts; en effet, les industrient paient seulement pour les émissions dépassant la limite établie, et si elles se maintiennent sous la limite, elles gagnent de l’argent en vendant des crédits monnayables.
    • Les données montrent que la tarification du carbone industriel n’ajoute actuellement en moyenne que 9 cents par baril aux coûts des producteurs de sables bitumineux.
    • Notre recherche montre que si la tarification du carbone industriel est renforcée conformément au protocole d’accord entre le Canada et l’Alberta, les producteurs de sables bitumineux ne paieraient toujours que 50 cents par baril en 2050, soit environ le prix d’un Timbit, une fois l’inflation prise en compte.
    • Ce système impose des coûts sur les émissions totales beaucoup plus bas que la taxe : environ 10 $ ou moins par tonne, contre un prix du carbone de 95 $ par tonne. Cela ajoute, dans le pire des cas, le coût d’un Timbit par baril de pétrole.

Autres ressources

Le Canada est en retard sur ses objectifs climatiques, l’avenir dépend de plus en plus de quelques politiques : rapport d’experts

OTTAWA — Une analyse indépendante du rapport d’étape du gouvernement fédéral sur son plan climatique confirme que le Canada a besoin de réformes politiques et d’une collaboration avec les provinces pour se rapprocher de ses objectifs climatiques, tout en stimulant l’innovation et en bâtissant une économie plus abordable et concurrentielle. 

L’Institut climatique du Canada a publié son évaluation indépendante du Rapport d’étape 2025 sur le Plan de réduction des émissions pour 2030, que le gouvernement fédéral était légalement tenu de publier, décrivant les progrès réalisés par rapport aux objectifs d’émissions du pays. L’Institut estime que le rapport fédéral offre un portrait crédible des progrès du Canada, mais n’offre pas de réponse politique adéquate au fossé grandissant entre les émissions du pays et ses objectifs climatiques. 

Selon une modélisation réalisée par l’Institut en collaboration avec Navius Research, bien que le Canada ait mis en place des politiques de réduction des émissions, le pays n’est pas en voie d’atteindre ses objectifs climatiques, notamment son objectif pour 2035 et la carboneutralité d’ici 2050. Au lieu de cela, les émissions nationales devraient être à peu près à mi-chemin de l’objectif d’émissions pour 2030. 

Le rapport recommande également des pistes pour accélérer les progrès du Canada. Beaucoup dépendra de la façon dont le gouvernement fédéral respectera ses engagements budgétaires et le protocole d’entente Canada-Alberta, particulièrement ceux concernant la collaboration avec les provinces, y compris la tarification du carbone industriel et la réglementation sur le méthane du pétrole et du gaz.

Essentiellement, l’analyse de l’Institut montre que si le gouvernement fédéral met en place un système de tarification du carbone industriel adéquat et que les provinces renforcent leurs systèmes, il pourrait doubler les réductions d’émissions supplémentaires permises par cette politique, comparativement à un scénario où les systèmes demeurent en grande partie inchangés.

Bien que de meilleures politiques climatiques industrielles accélèreraient les progrès du Canada, elles ne suffiraient pas à atteindre les objectifs du pays : des efforts politiques supplémentaires seront nécessaires. Le rapport de l’Institut comprend des recommandations visant à éclairer l’élaboration de nouvelles options politiques pour se rapprocher des objectifs du Canada en matière de climat et d’économie propre. Dans les mois à venir, l’Institut climatique du Canada élaborera une évaluation plus détaillée des options politiques potentielles que les gouvernements pourraient mettre en œuvre pour réduire davantage les émissions et stimuler une croissance sobre en carbone. 

QUELQUES FAITS

  • Les objectifs de réduction des émissions du Canada sont les suivants : 40 à 45 % en dessous du niveau de 2005 d’ici 2030, 45 à 50 % d’ici 2035, et carboneutralité d’ici à 2050. 
  • L’objectif du Canada pour 2030 consiste à réduire les émissions à environ 440 mégatonnes d’ici la fin de la décennie. Les émissions nationales ont été estimées à 694 mégatonnes (Mt) en dioxyde de carbone équivalent en 2024, soit 8,5 % en dessous du niveau de 2005. 
  • L’analyse de l’Institut montre que les émissions du Canada devraient se situer entre 18 et 22 % en dessous du niveau de 2005 d’ici 2030, selon la version finale des principales politiques mises en œuvre, soit environ à mi-chemin de l’objectif de 2030.  
  • Les estimations pour 2024 indiquent une hausse de 9 % des émissions provenant du pétrole et du gaz depuis 2005, tandis que celles des transports (+0,2 %) et du bâtiment (-3,5 %) sont demeurées sensiblement stables. Les émissions liées à la production d’électricité (-59 %) et à l’industrie lourde (-11 %) ont quant à elles considérablement diminué.

CITATIONS

« Plus le Canada s’éloigne de ses objectifs climatiques, plus le chemin à parcourir sera difficile. Cela met en péril des possibilités économiques cruciales, d’autant plus que nos partenaires commerciaux hors États-Unis décarbonent rapidement leurs économies et recherchent des solutions. Les outils politiques permettant d’accélérer les progrès climatiques tout en renforçant l’économie canadienne et en améliorant l’accessibilité financière ne manquent pas. Toutefois, notre évaluation démontre clairement que les gouvernements doivent collaborer pour mettre en place de meilleures politiques, afin que le pays atteigne ses objectifs. »  

— Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada

« Les données ne laissent aucun doute sur le fait que les progrès climatiques au Canada sont loin d’être à la hauteur des attentes. Heureusement, les gouvernements ont la possibilité de mettre en œuvre des politiques climatiques bien conçues qui peuvent réduire les émissions, rendre la vie plus abordable et stimuler la croissance économique. Des solutions climatiques intelligentes et rentables peuvent aider le Canada à diversifier son commerce, à attirer de nouveaux investissements et à rendre son économie plus forte et plus résiliente face à un avenir incertain. »

— Dave Sawyer, économiste principal, Institut climatique du Canada

RESSOURCES

CONTACT AUPRÈS DES MÉDIAS

Claudine Brulé (heure de l’Est)
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cbrule@climateinstitute.ca 

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knorthey@climateinstitute.ca 

À propos de l’Institut climatique du Canada

L’Institut climatique du Canada est le principal organisme de recherche sur les politiques en matière de changements climatiques au Canada. L’Institut produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des recherches de fond axées sur l’encouragement d’une croissance économique propre et d’une compétitivité à faible émission de carbone, la réduction des émissions et l’accélération de la transition énergétique carboneutre au Canada, et la capacité de notre économie et de notre infrastructure à résister au réchauffement climatique.

Adapter les infrastructures aux changements climatiques rapportera plusieurs milliards chaque année aux contribuables

TORONTO—Les changements climatiques mettent à rude épreuve les routes, les ponts, les égouts pluviaux et les systèmes de traitement des eaux vieillissants au pays. Mais, une nouvelle étude démontre qu’investir dans l’adaptation dès aujourd’hui permettrait aux différents ordres de gouvernement de limiter ces impacts, réduire les factures liées aux dommages et d’économiser des milliards de dollars par année. 

Le nouveau rapport de l’Institut climatique du Canada, Prévenir ou réparer : la preuve qu’adapter les infrastructures publiques aux changements climatiques rapporte gros, révèle que les contribuables paieront un prix élevé et en continuelle croissance si les gouvernements tardent à adapter les infrastructures publiques à l’évolution du climat ou omettent de le faire. Par contre, un investissement proactif dans la résilience peut réduire considérablement les dommages aux infrastructures et donc la facture des réparations à long terme.

L’analyse démontre que l’adaptation des infrastructures publiques à certains risques climatiques pourrait permettre aux gouvernements d’économiser de 4 à 9 milliards de dollars chaque année jusqu’en 2100. Investir environ 4 milliards de dollars chaque année dans l’adaptation proactive permettrait d’éviter la majeure partie des dommages aux infrastructures causés par la hausse des températures et les fortes pluies, laissant ainsi aux gouvernements davantage de ressources pour d’autres priorités.

Les coûts réels de l’inaction en matière d’adaptation sont probablement encore plus élevés : l’analyse ne tient pas compte des impacts de tous les aléas climatiques, tels que les feux de forêt, certains types d’inondations, le dégel du pergélisol et l’érosion côtière, ni des répercussions économiques plus larges des dommages aux infrastructures, notamment l’interruption des services essentiels, des activités commerciales, des chaînes d’approvisionnement ainsi que les dommages aux propriétés privées.

Même dans un scénario favorable, l’adaptation proactive réduit les coûts des dommages causés par les changements climatiques, mais ne les élimine pas. Les coûts totaux liés aux infrastructures — incluant à la fois les investissements d’adaptation et les dommages climatiques inévitables — augmenteraient tout de même de 6 milliards de dollars par an en moyenne jusqu’en 2100. 

Les municipalités assumeraient l’essentiel de ces coûts, même si les retombées profitent à l’ensemble de l’économie. Ce décalage entre ceux qui paient et ceux qui en bénéficient souligne la nécessité de renforcer les outils de financement et de revenus pour appuyer les investissements municipaux en matière d’adaptation.

Afin de combler cet écart et de renforcer la résilience des infrastructures face aux changements climatiques au Canada, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient :

  1. Accroître le financement pour l’adaptation des infrastructures et moderniser les outils financiers mis à la disposition des municipalités et des autres propriétaires d’infrastructures, y compris les gouvernements autochtones, pour financer les améliorations en matière de résilience.
  2. Planifier, exploiter, entretenir et renouveler les infrastructures publiques, afin qu’elles continuent de fonctionner de façon sécuritaire et fiable dans les conditions climatiques futures.
  3. Renforcer les données et la cartographie des risques climatiques à l’échelle nationale, afin de favoriser une prise de décision cohérente et éclairée en matière d’infrastructures.
  4. Accélérer la mise à jour des codes et des normes d’infrastructure, afin que les infrastructures nouvelles et renouvelées soient construites pour résister aux changements climatiques au Canada.
  5. Assurer que toutes les dépenses publiques en infrastructures tiennent systématiquement compte des risques climatiques et aident les propriétaires d’infrastructures à réduire leur vulnérabilité à long terme.
  6. Adapter les programmes pour appuyer les communautés les plus vulnérables et les infrastructures essentielles. 

Le constat du rapport est sans équivoque: chaque année de retard augmente les coûts futurs. Sans adaptation proactive, le fardeau des changements climatiques sur les infrastructures publiques devrait augmenter considérablement dans tout le pays.

Investir dès maintenant dans des routes, des ponts, des égouts et des réseaux d’aqueducs résilients contribuera à protéger les familles, les collectivités, les entreprises et l’économie contre les menaces climatiques croissantes.

CITATIONS

« Les Canadiennes et Canadiens sont pris dans un engrenage infernal : le vieillissement des infrastructures et la hausse des risques climatiques qui perturbent déjà notre vie quotidienne. Ce n’est pas un problème de demain, c’est la réalité d’aujourd’hui. Les recherches sont formelles : adapter les infrastructures publiques permettra aux Canadiennes et aux Canadiens d’économiser des milliards de dollars à long terme, de limiter les répercussions en cascade des phénomènes météorologiques extrêmes et de bâtir un pays plus fort, plus sécuritaire et plus prospère. »

— Rick Smith, président, Institut climatique du Canada

« La preuve est claire : tout retard dans l’adaptation de nos routes, nos ponts, nos égouts et nos systèmes d’aqueduc aux phénomènes climatiques extrêmes coûtera cher aux Canadiennes et aux Canadiens. Notre rapport propose un plan d’action précis. Maintenant, c’est aux gouvernements de collaborer et d’aller de l’avant. »

— Ryan Ness, directeur de la recherche en adaptation, Institut climatique du Canada

« Les phénomènes météorologiques violents affectent de plus en plus les Canadiennes et les Canadiens  : au cours de la dernière décennie, ils ont causé un total de 37 milliards de dollars de dommages assurés, comparativement à seulement 14 milliards de dollars entre 2006 et 2015.  Investir judicieusement dans les infrastructures permet à nos collectivités de mieux résister aux risques climatiques. Le Canada peut être un chef de file mondial en matière de résilience aux catastrophes. Il est temps d’agir de façon concertée pour protéger la population canadienne contre les risques croissants liés aux changements climatiques. »

— Maximilien Roy, vice-président, stratégie, Bureau d’assurance du Canada

« Les municipalités ressentent déjà les impacts des changements climatiques. Les inondations, les canicules et les fortes tempêtes mettent à rude épreuve l’état des infrastructures essentielles à la population. Ce rapport répète ce que nous disons depuis des années: investir en amont dans la résilience des routes, des aqueducs et des actifs publics protège les familles, dynamise les économies locales et réduit les coûts pour les contribuables à long terme. Les initiatives comme le Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes démontrent clairement que les investissements proactifs et ciblés aident les municipalités à appliquer des solutions qui ont fait leurs preuves. Avec les bons outils et une collaboration efficace entre les ordres de gouvernement, chaque collectivité peut renforcer sa préparation et sa résilience climatique. »

— Rebecca Bligh, présidente, la Fédération canadienne des municipalités

« Les décisions que nous prenons aujourd’hui détermineront le degré de préparation du Canada face à des phénomènes météorologiques de plus en plus violents. Cette étude montre clairement que tarder à agir entraîne des coûts considérables. Veiller à ce que les infrastructures essentielles de nos collectivités, comme les routes, les bâtiments publics et les réseaux d’alimentation en eau, soient adaptées à notre climat doit être une priorité absolue pour tous les paliers de gouvernement. Il est temps d’agir de façon concertée pour protéger la population canadienne contre les risques croissants liés aux changements climatiques. »

— Liam McGuinty, président, Un Canada résistant au climat

RESOURCES

CONTACTS

Claudine Brulé (français/anglais, heure de l’Est)
Cheffe, communications et affaires externes
Institut climatique du Canada
(514) 358-8525

Krystal Northey (anglais, heure des Rocheuses)
Cheffe, Affaires publiques
Institut climatique du Canada
(226) 212-9883

À propos de l’Institut climatique du Canada

L’Institut climatique du Canada est le principal organisme de recherche sur les politiques en matière de changements climatiques au Canada. L’Institut produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des recherches de fond axées sur l’encouragement d’une croissance économique propre et d’une compétitivité à faible émission de carbone, la réduction des émissions et l’accélération de la transition énergétique carboneutre au Canada, et la capacité de notre économie et de notre infrastructure à résister au réchauffement climatique.

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Reconnaissance d’appuis financiers

Cette étude a été réalisée grâce à l’appui financier du Bureau d’assurance du Canada, de la Fédération canadienne des municipalités et d’Un Canada résistant au climat. L’Institut climatique du Canada a mené ce projet conformément à ses priorités de recherche et a conservé une indépendance complète quant à la conception de l’étude, à la méthodologie, aux résultats obtenus, aux recommandations formulées ainsi qu’aux communications externes.

La nouvelle stratégie fédérale sur l’automobile positionne le secteur et les Canadiens pour tirer parti de l’avenir électrique

OTTAWA—Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante au sujet de la nouvelle stratégie automobile du gouvernement fédéral:

« La nouvelle stratégie automobile annoncée aujourd’hui constitue un pas dans la bonne direction vers un avenir plus abordable, alimenté par une électricité propre. En remplaçant les cibles de ventes de véhicules électriques (VE) par des normes d’émissions à l’échappement mises à jour, en investissant dans de nouvelles infrastructures de recharge pour les VE, en stimulant de nouveaux investissements dans la fabrication automobile et l’innovation, et en lançant de nouveaux incitatifs à l’achat de VE pour les consommateurs, la nouvelle stratégie fédérale vise à réduire les émissions du secteur des transports et à renforcer le secteur automobile canadien, tout en facilitant et en rendant plus abordable le passage à l’électrique pour les particuliers et les entreprises.

« La capacité de cet ensemble de politiques à offrir, à terme, des avantages climatiques rentables et à mener à une plus grande présence de véhicules électriques de qualité et abordables sur nos rues dépendra de la manière dont ces politiques seront finalisées et de la rapidité de mise en œuvre. Par exemple, bien que les normes d’émissions des véhicules améliorées offrent une plus grande flexibilité de conformité aux fabricants, elles ne garantissent pas que davantage de VE disponibles pour les consommateurs. 

« Cette stratégie vise à accélérer les investissements dans la fabrication canadienne de véhicules électriques et de batteries, avec plus de 3 milliards de dollars en soutien et en incitatifs à l’investissement tout au long de la chaîne de valeur, afin d’aider le secteur automobile canadien à se diversifier, à innover et à demeurer concurrentiel dans un environnement commercial en rapide évolution. Alors que les VE représentaient plus du quart des véhicules vendus à l’échelle mondiale l’an dernier, des investissements stratégiques pour accroître la production canadienne de composantes et de véhicules électriques permettront au secteur automobile de saisir une occasion de croissance cruciale en réponse aux tarifs américains et aux perturbations commerciales.

« Les incitatifs ciblés à l’achat pour les consommateurs constituent un moyen éprouvé de stimuler les ventes de VE : les données montrent qu’une baisse de prix de 1000 $ entraîne une augmentation de la demande de VE de plus de 11 % à l’échelle nationale. Le Programme pour l’abordabilité des véhicules électriques, doté de 2,3 milliards de dollars, adopte une approche rentable et équitable en limitant les incitatifs aux modèles dont le prix est inférieur à 50 000 $, à moins qu’ils ne soient fabriqués au Canada.

« Pour compléter les nouveaux incitatifs destinés aux consommateurs, le gouvernement devrait également poursuivre la conclusion d’ententes, comme la récente entente sur l’importation de VE avec la Chine, afin de garantir la disponibilité d’options de véhicules plus abordables chez les concessionnaires partout au Canada. Alors qu’il existe actuellement plus de 20 modèles de VE vendus à moins de 40 000 $ CA en Europe, un seul est offert au Canada.

« Le passage des cibles de ventes à des normes plus strictes sur les émissions à l’échappement s’inscrit dans la lignée de l’approche adoptée dans d’autres grands marchés, comme l’Union européenne. Si cette approche permet d’obtenir des résultats en matière d’émissions équivalents à une cible de 75 % de ventes de VE d’ici 2035, ce serait inférieur à ce qui était prévu dans le cadre de la Norme sur la disponibilité des véhicules électriques, mais elle offrirait une voie à suivre pour des incitatifs stables et continus en faveur des véhicules à faibles émissions et des véhicules électriques. Nous avons hâte d’examiner en détail le règlement proposé afin de vérifier s’il s’agit d’une approche crédible et réaliste.

« Les véhicules électriques gagnent du terrain sur les marchés du monde entier en raison de leur technologie supérieure et des avantages qu’ils offrent aux consommateurs, mais en raison de signaux politiques changeants et parfois contradictoires, le Canada est pratiquement le seul pays au monde où l’adoption des VE a récemment ralenti. Le gouvernement fédéral doit agir rapidement pour mettre en œuvre cette nouvelle stratégie et veiller à ce que la conception des politiques et des règlements permette d’obtenir les résultats annoncés. »

EN BREF

  • Selon le groupe de réflexion mondial sur l’énergie Ember, plus d’une voiture sur quatre vendue à l’échelle mondiale était électrique en 2025.
  • Les ventes de véhicules électriques au Canada ont augmenté à un rythme annuel fulgurant de 45 % entre 2017 et 2024, soit plus que décuplé (par plus de treize).
  • À la suite du retrait des incitatifs fédéraux et provinciaux à l’achat, la part de marché des véhicules électriques au Canada est passée de 15 % en 2024 à 9 % au cours des trois premiers trimestres de 2025.
  • Le transport de passagers est le deuxième sous-secteur le plus émetteur au Canada : il représente 13 % des émissions nationales, soit près de 94 000 tonnes d’émissions en 2024.

RESSOURCES

RELATIONS AVEC LES MÉDIAS

Claudine Brulé (français/anglais, heure de l’Est)
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cbrule@institutclimatique.ca

Krystal Northey (anglais, heure des Rocheuses)
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L’Institut climatique du Canada est l’organisme par excellence au pays pour la recherche sur les politiques climatiques. Il produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des études approfondies pour stimuler la croissance économique propre et la concurrentialité sobre en carbone, pour réduire les émissions et accélérer la transition du Canada vers la carboneutralité, et pour augmenter la résilience de l’économie et des infrastructures face au réchauffement climatique.

La proposition du fédéral pour rectifier la tarification du carbone industriel ne fonctionnera pas sans ajustements, indique une nouvelle étude

OTTAWA. — La nouvelle proposition du gouvernement fédéral visant à renforcer le régime de tarification du carbone industriel ne suffira pas à réduire les émissions, à stimuler les investissements sobres en carbone et à maintenir notre avantage concurrentiel, révèle une nouvelle étude produite par la plus importante organisation de recherche canadienne sur les politiques climatiques.

En réponse à l’appel de commentaires sur la proposition fédérale, l’Institut climatique du Canada a soumis un rapport formel intitulé Au-delà des apparences, des résultats : le marché du carbone canadien nécessite une réforme ambitieuse pour être vraiment efficace, qui présente une modélisation inédite et approfondie pour évaluer si les changements proposés à la tarification provinciale et territoriale du carbone industriel vont réellement envoyer les signaux voulus aux investisseurs.

Lesdits changements impliquent de revoir le « modèle fédéral », à savoir les normes nationales minimales que les régimes des provinces et territoires doivent respecter. Si on ne modifie pas le modèle dans la bonne direction, on risque de mettre en péril le bon fonctionnement de tout le système de tarification du carbone industriel. En effet, c’est le modèle fédéral qui fixe les critères pour juger de l’équivalence des régimes provinciaux et territoriaux avec leur pendant national : il permet notamment de savoir quels émetteurs sont couverts et si les mécanismes du système produisent des incitatifs conformes à la norme fédérale.

La tarification du carbone industriel est le plus important levier stratégique du Canada pour réduire la pollution par le carbone et maintenir sa compétitivité sur le plan économique, le tout d’une manière qui ne coûte presque rien aux consommateurs. Le marché des crédits carbone en est un élément central, qui vient stimuler les investissements sobres en carbone à hauteur de milliards de dollars.

Et pourtant, l’avenir de cette politique est en jeu : le plus grand régime provincial au pays – celui de l’Alberta, qui représente à peu près le quart des émissions nationales – est empêtré dans des négociations suivant le récent Protocole d’accord entre le Canada et l’Alberta, où il a été convenu d’accroître le prix de crédit minimal réel à 130 $ la tonne d’émissions.

Selon les modélisations de l’Institut climatique, les changements que le gouvernement fédéral propose à son modèle pourraient faire en sorte que les régimes de tarification du carbone industriel soient jugés conformes aux critères nationaux alors qu’ils ne mènent pas aux résultats attendus sur le plan des investissements ou de la réduction des émissions.

Pour améliorer la proposition fédérale, l’Institut climatique émet donc quatre recommandations :

  • Le modèle fédéral doit garantir que les marchés de crédits carbone appliquent un prix minimum réel de 130 $ la tonne d’ici 2030, conformément au Protocole d’accord entre le Canada et l’Alberta. Ce prix reflète l’incitatif qui existe dans les faits pour les entreprises, plutôt que le prix fédéral actuellement affiché à 170 $ qui ne s’applique que dans des circonstances particulières.
  • Les provinces et territoires doivent conserver une marge de manœuvre dans leur manière d’arriver à ce prix minimum, sous réserve de conditions non négociables comme le resserrement des critères d’efficacité, l’établissement d’un plancher et d’un plafond qui augmenteront avec le temps et la restriction des trajectoires de mise en conformité qui atténuent l’intérêt des technologies de réduction des émissions.
  • Pour bien déterminer si un régime mène réellement à un prix de 130 $ par tonne de carbone, les évaluations fédérales devraient reposer sur des données crédibles et transparentes concernant la manière dont les émetteurs se plient aux exigences, les stratégies de mise en conformité que ceux-ci ont employées, et le prix du carbone qu’ils ont payé.
  • Le gouvernement fédéral devrait exiger un suivi continu de l’efficacité des mesures, sous forme de données transparentes sur les coûts et les effets de la mise en conformité; il faudrait aussi inclure l’activité sur le marché des crédits afin de juger de la bonne conformité des régimes aux normes nationales minimales.

Même si elle constitue un levier stratégique d’importance capitale, la tarification du carbone industriel n’est pas en soi une panacée : elle doit être complétée par d’autres politiques qui s’inscriront dans le même plan complet visant à bonifier de manière concurrentielle notre bilan climatique et carbone.

QUELQUES FAITS EN BREF

  • La tarification du carbone industriel ne s’applique qu’aux installations industrielles au fort bilan d’émissions qui tirent une part considérable de leurs profits du commerce à l’étranger.
  • Selon la législation canadienne, chaque province ou territoire est libre d’établir sa propre tarification du carbone, ou d’adopter le système fédéral comme filet de sécurité.
  • Ces régimes donnent naissance à un marché du carbone, où les entreprises peuvent acheter et vendre des crédits pour leur excédent d’émissions au-delà d’une limite établie.
  • Les régimes de tarification du carbone industriel n’engendrent que peu de coûts pour les entreprises; les émetteurs du secteur pétrogazier ne déboursent qu’environ 30 sous par baril de pétrole – soit l’équivalent d’un Timbit – pour la mise en conformité.
  • Les travaux de l’Institut climatique du Canada ont établi que ces régimes avaient un effet virtuellement nul sur la consommation des ménages en 2025. On s’attend à ce que les coûts restent très bas et ne réduisent la consommation que d’un dixième de point de pourcentage d’ici 2030.

CITATIONS

« En plus de son potentiel à attirer les investissements dans les technologies de réduction des émissions, la tarification du carbone industriel est un outil stratégique précieux pour aider les entreprises à demeurer concurrentielles dans un monde qui change à vitesse effrénée. Il faut toutefois que la politique fonctionne comme prévu. Sur ce point, la proposition fédérale nécessite des ajustements considérables; heureusement, notre étude fait ressortir des améliorations claires que le gouvernement peut apporter pour rectifier le tir. »
 – Dale Beugin, vice-président exécutif, Institut climatique du Canada

« C’est une occasion en or pour le Canada de moderniser sa tarification du carbone industriel de sorte à vraiment en réaliser le potentiel. C’est une politique qui peut mener à d’énormes investissements dans les technologies sobres en carbone… à condition qu’elle soit conçue correctement. Le rapport que nous soumettons au gouvernement indique exactement, analyses et modélisations détaillées à l’appui, ce qui doit être fait pour garantir que la politique de tarification est bien ancrée dans la réalité des données. »
 – Dave Sawyer, économiste principal, Institut climatique du Canada

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L’Institut climatique du Canada

L’Institut climatique du Canada est l’organisme par excellence au pays pour la recherche sur les politiques climatiques. Il produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des études approfondies pour stimuler la croissance économique propre et la concurrentialité sobre en carbone, pour réduire les émissions et accélérer la transition du Canada vers la carboneutralité, et pour augmenter la résilience de l’économie et des infrastructures face au réchauffement climatique.

Élaboration des lignes directrices pour l’investissement durable du Canada

DOCUMENT D’INFORMATION

Présentation

En décembre 2025, le gouvernement fédéral a annoncé un financement initial de deux ans pour élaborer les lignes directrices sur l’investissement durable au Canada (communément appelées une taxonomie de l’investissement durable).

L’établissement de lignes directrices sur l’investissement durable au Canada sera crucial pour assurer la transition énergétique et la prospérité future de notre pays. Elles permettront d’établir un langage commun pour les marchés financiers concernant les types de projets et d’activités compatibles avec les objectifs climatiques et économiques du Canada. Elles aideront également à mobiliser des fonds privés pour de nouveaux projets de croissance propre qui pourront décarboner les secteurs existants à forte intensité d’émissions, augmentant ainsi leur compétitivité mondiale.

Qui est impliqué?

L’Institut Climatique du Canada collaborera avec Parcours des entreprises de demain pour établir une structure de gouvernance solide et indépendante, afin de superviser l’élaboration de critères de taxonomie fondés sur des données scientifiques et entreprendre la mobilisation des parties prenantes. Ensemble, l’Institut Climatique du Canada et Parcours des entreprises de demain faciliteront et appuieront les travaux d’un nouveau Conseil de taxonomie indépendant, qui examinera et approuvera les lignes directrices en matière d’investissement.

L’Institut Climatique du Canada dirigera les travaux de recherche et les travaux techniques visant à éclairer l’élaboration des critères de lignes directrices proposés et collaborera avec Parcours des entreprises de demain pour réunir le Conseil décisionnel et ses organes consultatifs financiers et techniques. Le Conseil et les organes consultatifs comprendront des représentants d’experts et d’universitaires indépendants, du secteur financier, des spécialistes du climat, des représentants autochtones et de la société civile. À mesure que les efforts seront déployés, des groupes de travail avec des domaines d’expertise spécifiques dans des industries et des secteurs clés seront également mis sur pied pour formuler des recommandations au Conseil.

Le Conseil de taxonomie devrait finaliser les lignes directrices d’investissement pour trois secteurs prioritaires d’ici la fin 2026 et terminer trois autres secteurs prioritaires d’ici l’automne 2027. Le Conseil collaborera étroitement avec le gouvernement, l’industrie et d’autres intervenants clés, afin de déterminer les premiers secteurs prioritaires, en tenant compte des secteurs où les directives taxinomiques ont le plus grand potentiel de réduction des émissions et de promotion de la compétitivité en matière de faibles émissions de carbone dans l’économie canadienne.

Pourquoi les lignes directrices en matière d’investissement durable élaborées au Canada sont-elles importantes?

S’appuyant sur le travail important du Conseil d’action en matière de finance durable du Canada (qui servira de base aux nouvelles lignes directrices canadiennes en matière d’investissement durable et qui a été entériné par les 25 plus grandes institutions financières du Canada), les lignes directrices canadiennes établiront des critères pour les investissements « verts » et les investissements « de transition ». Il établira la priorité des lignes directrices pour l’investissement dans les projets et les secteurs qui sont les plus essentiels à la croissance économique du Canada, tout en assurant l’harmonisation avec les taxonomies internationales de l’investissement et les cibles climatiques fondées sur des données scientifiques.

L’élaboration de ces lignes directrices en matière d’investissement aidera le Canada à rattraper son retard dans la course aux capitaux mondiaux, compte tenu de l’évolution des marchés. Plus de 60 taxonomies de finance durable sont actuellement utilisées et développées à travers le monde, notamment chez la quasi-totalité des principaux partenaires commerciaux du Canada. Des recherches récentes menées par l’Université de Hambourg démontrent que les investissements dans des entreprises conformes à la taxonomie de finance durable de l’Union européenne ont généré une prime d’alignement sur les rendements de ces entreprises.

Il existe une dynamique importante en faveur de l’harmonisation des taxonomies internationales, afin de faciliter la circulation des capitaux verts et de transition au-delà des frontières, par exemple sous forme d’obligations vertes ou de transition.

Prochaines étapes

La première étape consistera à sélectionner le nouveau Conseil de taxonomie. Ce processus sera mené par un comité de nomination temporaire composé d’experts reconnus en finance, en climat et en gouvernance. La nomination des membres du Conseil devrait avoir lieu au début de la nouvelle année.

Au cours des deux prochaines années, le Conseil s’efforcera d’officialiser les lignes directrices en matière d’investissements verts et de transition pour six secteurs prioritaires canadiens (qui restent à déterminer). Ces lignes directrices seront fondées sur des données scientifiques, technologiquement neutres et comprendront des critères permettant d’exclure les investissements susceptibles de causer des dommages importants.

Citations

« Alors que le Canada s’efforce d’établir des partenariats commerciaux plus solides et plus diversifiés et d’entreprendre des projets de développement national, des lignes directrices en matière d’investissement durable, harmonisées à l’échelle mondiale et conçues au Canada, contribueront à libérer le potentiel économique de notre pays. Le Canada est l’un des meilleurs endroits au monde pour investir dans les capitaux verts et de transition. Ces lignes directrices aideront à orienter ces investissements vers les possibilités qui façonneront notre avenir commun. »

  • Barb Zvan, présidente du comité consultatif financier, Parcours des entreprises de demain. Ancienne présidente du Groupe d’experts techniques sur la finance durable du Conseil d’action en matière de finance durable

« Les nouvelles lignes directrices sur l’investissement durable offriront au Canada ce que les investisseurs demandent depuis longtemps : un système clair, crédible et fondé sur des données scientifiques pour identifier les activités économiques compatibles avec les objectifs climatiques et de compétitivité du pays. Il est essentiel que les lignes directrices du Canada ne se limitent pas à définir des technologies et des investissements propres. Elles seront conçues pour aider à transformer les secteurs à émissions élevées qui sont au cœur de l’économie nationale, et pour guider des voies crédibles pour qu’ils soient concurrentiels dans un monde à faibles émissions de carbone. »

  • Jonathan Arnold, directeur de la finance durable, Institut Climatique du Canada

À propos de l’Institut climatique du Canada

L’Institut climatique du Canada est le principal organisme de recherche sur les politiques en matière de changements climatiques au Canada. Nous produisons des analyses rigoureuses, des modélisations économiques, et des recherches de fond sur des solutions politiques pour aider le Canada à s’adapter aux effets des changements climatiques, à être compétitif et à prospérer dans la transition énergétique mondiale. L’Institut a dirigé l’analyse technique du rapport sur la feuille de route de la taxonomie du Conseil d’action en matière de finance durable en 2023.

À propos de Parcours des entreprises de demain

Parcours des entreprises de demain est une initiative pragmatique, fondée sur la science et non partisane qui vise à améliorer la clarté et l’harmonisation des attentes en matière de préparation aux changements climatiques entre les investisseurs et les entreprises. Son objectif ultime est d’accroître la compétitivité du Canada en matière de climat en dotant les entreprises canadiennes des orientations et des lignes directrices nécessaires pour répondre aux attentes des investisseurs et des marchés, alors que le monde s’oriente vers la carboneutralité. Indépendamment de ses travaux sur la taxonomie, Parcours des entreprises de demain a également obtenu un soutien philanthropique pour élaborer des lignes directrices canadiennes, approuvées par les investisseurs, afin d’aider les entreprises à mettre en œuvre et à communiquer des plans de transition climatique crédibles.