Crédit d'image: Les exemples d’ingéniosité autochtone, comme le canot, sont un rappel important de l’innovation dirigée par les Autochtones pour favoriser l’émergence de solutions. Photo : gracieuseté de Grace Donnelly/Centre for Indigenous Environmental Resources

L’ingéniosité autochtone peut favoriser l’action climatique et la réconciliation partout au Canada

De nouvelles recherches menées par des Autochtones offrent des orientations pour une politique climatique collaborative et durable, ainsi que pour la transition énergétique.

Cet article a précédemment été publié dans le National Observer.

La résilience, l’ingéniosité et la persévérance des Inuits, des Métis et des Premières Nations face aux changements climatiques et au colonialisme montrent comment les Canadiens et Canadiennes peuvent aller de l’avant, ensemble, pour lutter contre les changements climatiques et faire progresser la réconciliation. 

Les répercussions historiques et actuelles des politiques coloniales, notamment le déplacement des peuples autochtones de leurs territoires traditionnels et la mise à l’écart de l’autorité autochtone dans les processus décisionnels, continuent de compromettre les droits et d’entraver la collaboration dans le cadre de la transition énergétique. Les changements climatiques sont venus s’ajouter à ce contexte, perturbant les terres, les cours d’eau et la faune qui soutiennent la vie d’un océan à l’autre à l’autre.

Des bouleversements climatiques radicaux menacent la santé, les moyens de subsistance et le quotidien des populations, tout en érodant de manière disproportionnée les savoirs, la culture et les modes de vie autochtones. 

Malgré ces obstacles, les nations, les dirigeants, les Aînés, les jeunes, les détenteurs de savoirs et les chercheurs autochtones continuent de jouer un rôle de premier plan dans le dialogue et l’élaboration de solutions qui permettront à tous les Canadiens et Canadiennes de mieux affronter les réalités climatiques communes et de s’y adapter. 

En cette Journée nationale des peuples autochtones, nous prendrons le temps d’honorer la force d’âme des peuples des Premières Nations, des Métis et des Inuits face aux changements climatiques et aux politiques coloniales. Le leadership climatique des peuples autochtones, gardiens de longue date du territoire, est plus nécessaire que jamais. 

Prenons l’exemple de Salay Prayzaan, la centrale solaire détenue en propriété exclusive par la Nation métisse de l’Alberta, qui alimente en électricité l’équivalent de près de 1 200 maisons. Partout dans les Prairies et les Territoires du Nord-Ouest, des communautés autochtones réduisent leur consommation d’énergie et leurs émissions en participant au programme Energy InSites du Centre for Indigenous Environmental Resources (CIER). Ce programme de rénovation énergétique des bâtiments permet également de renforcer les capacités locales et de former des « champions de l’énergie » chargés de piloter des projets durables en matière de climat et d’énergie. 

Afin de promouvoir et de soutenir la souveraineté et le leadership autochtones dans les pratiques de recherche sur le climat, L’Institut climatique du Canada et le CIER présentent quatre études de cas inédites menées par des Autochtones, dans le cadre de la sixième édition du programme annuel Perspectives autochtones. Ces études, qui viennent d’être publiées et feront l’objet de deux tables rondes la semaine prochaine, mettent en lumière la recherche climatique fondée sur les façons autochtones de savoir, ainsi que sur les liens avec les terres, les eaux et les générations futures. 

Dans l’étude de cas intitulée Qui tient le stylo? Dialogues autochtones sur la gouvernance climatique et la divulgation d’information par les entreprises, l’auteure Raylene Whitford analyse 220 sociétés de l’indice composé S&P/TSX et constate que seule une fraction d’entre elles s’étaient publiquement engagées à obtenir le consentement libre, préalable et éclairé avant d’entreprendre de nouveaux projets. Ses travaux montrent comment une transparence accrue concernant les droits des peuples autochtones permettrait de s’assurer que la mise en œuvre des politiques climatiques reflète les réalités de gouvernance autochtone et d’évaluer plus précisément les risques liés aux projets. 

Dans leur étude de cas intitulée Projets de transport d’électricité dirigés par des Autochtones : l’occasion d’une génération, les coauteurs Frank Busch, Joel Krupa, Kwatuuma Cole Sayers et Tamara Krawchenko explorent les nombreux avantages des projets de transport d’électricité dirigés par des autochtones. Leur analyse explore comment la propriété autochtone des actifs de transport peut jouer un rôle essentiel pour accélérer la transition du Canada vers une énergie propre, tout en générant des revenus stables et à long terme pour les communautés. 

L’étude de cas Conor Kerr intitulée Ce que la terre sait déjà : Les récits de récolte des Métis comme connaissance climatique, explore comment les pratiques de récolte des Métis partout dans les Prairies ont été perturbées par les changements climatiques, les menaces pesant sur les droits de récolte et la contamination de l’environnement. Ses recherches portent sur la façon dont les gouvernements pourraient mieux soutenir la transmission intergénérationnelle des savoirs et coélaborer des systèmes de surveillance du climat avec les communautés métisses, afin d’y intégrer leurs connaissances. 

L’étude de cas de Tara Marsden/Naxginkw et de son coauteur Chris Joseph, Le test climatique des Gitanyow : Lutter contre la crise climatique grâce aux lois autochtones et à la science offre un exemple concret de la façon dont la Première nation Gitanyow, face aux pressions climatiques croissantes et à son mécontentement à l’égard des approches coloniales en matière d’évaluation des impacts, a élaboré un test climatique fondé sur les lois et les sciences autochtones. L’analyse explique comment cet outil a été utilisé pour affirmer l’autorité des Gitanyow et évaluer les incidences climatiques de projets de développement envisagés sur leurs territoires, notamment le projet de gazoduc de GNL Ksi Lisims. 

Des initiatives comme le programme Perspectives autochtones visent à amplifier la voix des peuples autochtones dans les débats sur les politiques publiques, à garantir la souveraineté sur les données et à honorer la culture. Les auteurs conservent l’entière propriété de leurs travaux tout en bénéficiant du mentorat des organismes de soutien. 

À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, nous réfléchirons aux vastes contributions des Premières Nations, des Inuits et des Métis pour faire face à l’urgence climatique de ce pays. Comme l’illustrent ces études de cas, la ténacité des peuples autochtones est essentielle à la transition énergétique et à l’élaboration de politiques climatiques durables, menées en collaboration avec les leaders autochtones dans un esprit de réconciliation. 

Les peuples autochtones savent que nous devons poursuivre cette voie ensemble pour les générations futures, car sans la Terre mère, il n’y a pas de vie.

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