MONTRÉAL — Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, a publié la déclaration suivante en réponse à la déclaration commune du Canada et de l’Union européenne sur l’Alliance pour l’avenir, publiée aujourd’hui :
« Le Canada et l’Union européenne ont envoyé un signal clair et ferme : une coopération plus étroite en matière de décarbonation et de résilience climatique sera au cœur de leur nouvelle alliance stratégique. Il faut maintenant passer de la parole aux actes et miser sur les ambitions et l’élan de ce nouveau partenariat pour réaliser des progrès durables qui génèrent des retombées économiques à long terme pour tous les pays concernés.
« La déclaration conjointe reconnaît que les changements climatiques constituent une menace existentielle pour les deux parties — une réalité qu’il devient de plus en plus impossible d’ignorer, alors que les conséquences des chaleurs extrêmes, des feux de forêt, des inondations et d’autres catastrophes sont de plus en plus perturbatrices et coûteuses. Elle réaffirme les engagements déjà pris dans le cadre de l’Alliance verte Canada-Union européenne, que les deux parties considèrent « continue d’orienter les efforts que nous déployons pour faire avancer la décarbonisation tout en accroissant la compétitivité, l’abordabilité et la sécurité économiques. » Elle ouvre également plusieurs voies pour accélérer les investissements dans les chaînes d’approvisionnement canadiennes en minéraux critiques, ce qui concorde avec nos recherches antérieures et favorise d’importantes possibilités économiques dans le contexte de la transition énergétique mondiale.
« La déclaration conjointe souligne également des priorités importantes pour approfondir la collaboration entre le Canada, l’Union européenne et d’autres pays partageant les mêmes idées, notamment les « puissances moyennes » :
- Mobiliser les investissements et l’innovation afin de créer des emplois et renforcer la compétitivité dans les secteurs appelés à croître dans le contexte de la transition énergétique mondiale, comme les minéraux critiques, les technologies propres et le transport à faibles émissions de carbone;
- Faire progresser les marchés du carbone industriels et les technologies de décarbonation destinées aux industries à fortes émissions, une étape nécessaire à l’atteinte de nos objectifs climatiques communs;
- Collaborer avec les peuples autochtones pour renforcer la souveraineté, la sécurité et la résilience dans l’Arctique, ainsi que le développement économique durable;
- Veiller à ce que les prochaines négociations internationales sur le climat, à la COP31, « débouchent sur des résultats ambitieux pour le climat et l’environnement ».
« Le Canada peut dès maintenant donner suite à cet accord de haut niveau en prenant des mesures concrètes qui rendent la vie plus abordable et meilleure pour la population canadienne, tout en facilitant le resserrement des liens avec l’Europe. Par exemple, une meilleure harmonisation des normes de sécurité applicables aux véhicules électriques et aux thermopompes offrirait aux Canadiennes et aux Canadiens de meilleures options pour réduire leurs factures d’énergie. La coopération entre le gouvernement fédéral et les provinces pour moderniser et renforcer les marchés du carbone industriels peut aider les entreprises canadiennes à adopter des technologies propres rentables et à réduire leur exposition au mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE. Enfin, les travaux en cours pour élaborer des lignes directrices canadiennes en matière de finance durable, compatibles avec la taxonomie de l’UE, faciliteront l’accès au financement international pour le développement économique à faibles émissions de carbone.
« En matière d’adaptation aux changements climatiques, les deux parties peuvent concrétiser les engagements de l’Alliance verte en reconnaissant « qu’il est urgent de créer des sociétés plus résilientes face aux changements climatiques ». Comme le précise ce document fondateur, la collaboration dans ces domaines passe par diverses mesures visant à « renforcer la résilience et la capacité d’adaptation face aux effets des changements climatiques », notamment en rendant les infrastructures résilientes aux changements climatiques, en misant sur des solutions fondées sur la nature et en améliorant les bâtiments où nous vivons et travaillons.
« En définitive, cette nouvelle alliance stratégique constitue un pas important vers un avenir économique plus compétitif et résilient, qui offre de nouvelles possibilités de croissance considérables dans le contexte de la transition énergétique mondiale, qui s’accélère partout sur la planète. Il revient maintenant aux responsables des politiques des deux côtés de l’Atlantique de concrétiser ces objectifs et ces valeurs que nous partageons. »
RESSOURCES
- Article d’opinion | Une économie propre doit être au cœur de la relation UE-Canada
- Rapport | Trajectoire critique : Sécuriser la place du Canada dans la course internationale aux minéraux critiques
- Article d’opinion | Des feux incontrôlés aux corridors commerciaux : la protection contre le climat, une stratégie économique
- Blogue | Les marchés mondiaux du carbone sont le prochain avantage du Canada dans le domaine de l’énergie propre
PERSONNE-RESSOURCE
Krystal Northey
Responsable des affaires publiques
Institut climatique du Canada
(226) 212-9883