Le Canada est loin d’atteindre ses objectifs climatiques et doit agir sans délai, selon les nouvelles données gouvernementales

Le rapport d’étape 2025 du Canada sur son Plan de réduction des émissions démontre l’urgence d’agir sur la tarification du carbone industriel et l’électricité propre au cours des six prochains mois, ainsi que la nécessité d’une refonte des politiques à plus long terme.

OTTAWA—Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante en réponse à la publication du Rapport d’étape 2025 sur le Plan de réduction des émissions pour 2030 du gouvernement fédéral: 

« La publication aujourd’hui du rapport d’étape 2025 du gouvernement fédéral sur son plan climatique — le Plan de réduction des émissions — confirme que le Canada n’est pas en voie d’atteindre ses cibles de réduction des émissions et qu’Ottawa doit mettre en place des politiques additionnelles d’ici les six prochains mois pour corriger le tir. 

« Le rapport démontre que les politiques actuelles d’Ottawa ne permettront pas d’obtenir les résultats nécessaires pour atteindre les cibles climatiques de 2030 ou de 2035, comme l’Institut climatique l’avait déjà calculé. Bien qu’il montre que les émissions diminuent grâce aux mesures actuelles et additionnelles, celles-ci ne permettraient qu’une réduction projetée de 28 % par rapport aux niveaux de 2005.

« Le Canada dispose des outils nécessaires pour réduire ses émissions tout en demeurant concurrentiel et en offrant plus de prévisibilité aux entreprises. Le gouvernement fédéral s’est engagé à renforcer la tarification du carbone industriel, à accroître la capacité enélectricité propre, à accélérer l’adoption des véhicules électriques et à réduire les émissions de méthane, mais plusieurs éléments clés restent à préciser. Au cours des prochains mois, Ottawa devra donner suite au protocole d’entente qu’il a conclu avec l’Alberta en présentant des plans définitifs pour le renforcement de la tarification du carbone industriel, ainsi que des ententes d’équivalence rigoureuses sur le méthane et l’électricité propre.

« Les émissions diminuent lorsque les gouvernements mettent en place des politiques climatiques sensées. Le rapport d’aujourd’hui montre que la principale source de risque et d’incertitude provient du secteur pétrogazier, ainsi que de la capacité de l’électricité propre et des politiques industrielles à croître assez rapidement pour appuyer l’investissement et l’électrification.

« De plus, le manque d’appui du gouvernement pour des incitatifs destinés aux consommateurs pour favoriser l’adoption de technologies propres et électriques a ralenti leur déploiement. L’abordabilité est un facteur clé : ces mêmes technologies réduisent les factures d’énergie et améliorent le confort. Les gouvernements fédéral et provinciaux ne devraient délaisser les mesures visant l’abordabilité, mais plutôt rétablir ou bonifier les programmes qui aident les Canadiens à se procurer des technologies propres, comme les véhicules électriques et les thermopompes et maintenir une norme rigoureuse sur la disponibilité des véhicules électriques.

 « Le rapport apporte des améliorations importantes en matière de transparence et de suivi des progrès, ce qui permet aux citoyens de mieux comprendre l’avancement des efforts à l’échelle du pays. Il présente aussi un ensemble d’indicateurs qui brossent un portrait plus large des progrès réalisés.

« Reconnaître que la cible de 2030 du Canada est hors d’atteinte n’est pas une raison d’abandonner. C’est plutôt le signal qu’il est temps de relancer l’approche climatique du pays. Dans un contexte d’incertitude mondiale, de relations commerciales changeantes et d’accélération de la transition énergétique, le Canada a besoin d’un plan climatique à jour, fondé sur des données probantes, qui respecte ses engagements législatifs vers la carboneutralité tout en contribuant à bâtir un avenir plus compétitif, plus sûr et plus abordable.

« Les changements climatiques augmentent le coût de la vie pour tous partout au pays et nuisent aux résultats financiers des entreprises. Ils provoquent des phénomènes météorologiques plus extrêmes et imprévisibles qui perturbent les chaînes d’approvisionnement et font grimper les coûts des matériaux, des assurances et des réparations. C’est pourquoi s’engager envers des objectifs climatiques fondés sur des données probantes et prendre des mesures pratiques et rentables pour les atteindre est essentiel pour bâtir une économie plus forte, plus abordable et plus compétitive. »

Note : L’Institut climatique du Canada publiera au début de la nouvelle année son analyse indépendante du Rapport d’étape 2025 sur le Plan de réduction des émissions du gouvernement fédéral, qui comprendra une évaluation des progrès de réduction des émissions jusqu’à maintenant, les priorité pour améliorer le plan ainsi que des recommandations de politiques pour renforcer les progrès climatiques.

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À propos de l’Institut climatique du Canada

L’Institut climatique du Canada est la principale organisation de recherche sur les politiques climatiques au pays. Il produit des analyses rigoureuses, des modèles économiques et des recherches approfondies axées sur la promotion d’une croissance propre et compétitive, la réduction des émissions, l’accélération de la transition vers la carboneutralité et le renforcement de la résilience économique et infrastructurelle face au climat qui se réchauffe.

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