L’entente Canada-Alberta rend l’objectif de carboneutralité au pays d’ici 2050 hors d’atteinte 

Les concessions excessives incluses dans l’accord de mise en œuvre du protocole d’entente Canada-Alberta sur la tarification du carbone industriel et l’électricité propre mettront en péril les réductions d’émissions et la compétitivité sobre en carbone du Canada, en plus de fragiliser les politiques climatiques des autres provinces.

OTTAWA — Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, a émis la déclaration suivante en réponse à l’accord de mise en oeuvre du protocole d’entente Canada-Alberta sur la tarification du carbone industriel et la politique d’électricité propre :

« L’accord de mise en œuvre du protocole d’entente Canada-Alberta mettra la cible canadienne de carboneutralité d’ici 2050 hors d’atteinte. Il signifie également que le Canada accusera un retard important dans l’atteinte de sa cible de 2030, créant plus d’une décennie de délai pour réaliser les progrès nécessaires.

« L’Alberta abrite le plus grand marché du carbone au pays, couvrant environ le quart de toutes les émissions nationales. Si les changements apportés au marché du carbone industriel de la province représentent peut-être une amélioration par rapport au statu quo, il s’agit d’un bien maigre accomplissement. Les compromis injustifiés de l’accord sur les marchés du carbone industriels et les règlements sur l’électricité propre, ainsi que leurs implications pour l’affaiblissement des politiques dans les autres provinces, nuiront aux réductions d’émissions et à la compétitivité sobre en carbone du Canada.

« Bien que l’accord promette d’améliorer le fonctionnement du marché du carbone, les modifications annoncées ne seront pas suffisamment robustes pour remédier aux lacunes structurelles du marché et rejoindre le prix de référence visé pour les crédits carbone d’ici 2040. Cela mine la crédibilité de l’entente. Des mécanismes financiers comme les contrats pour différence pourraient améliorer la certitude à long terme, mais les détails de conception laissent plusieurs questions sans réponse.

« En fin de compte, 2040, c’est trop peu, trop tard pour atteindre un prix de 130 $ la tonne d’émissions en Alberta. C’est particulièrement vrai étant donné que le coût pour les producteurs des sables bitumineux se chiffre à quelques cents par baril en moyenne. Le report de l’échéancier de tarification du carbone risque de diluer les systèmes de tarification du carbone industriel dans les autres provinces, comme la Colombie-Britannique, qui se retrouveraient autrement dans une situation de désavantage concurrentiel significatif.

« Par ailleurs, le plan du gouvernement fédéral de suspendre le Règlement sur l’électricité propre sans solution de rechange viable accroît l’incertitude des politiques en Alberta et ouvre la porte à d’autres provinces qui chercheront un traitement de faveur. Cela risque de prolonger la dépendance aux centrales au gaz naturel, pourtant très polluantes, d’exposer les consommateurs d’électricité à des coûts énergétiques plus volatils, et de freiner l’essor du secteur des énergies renouvelables en Alberta, qui connaissait pourtant une expansion remarquable jusqu’à récemment.

« Face au choc énergétique mondial en cours, les autres grandes économies misent sur la transition vers l’énergie propre comme clé de leur compétitivité future, de leur souveraineté énergétique et de leur abordabilité.  Le Canada, pendant ce temps, fait marche arrière, malgré la vision à long terme de croissance alimentée par une électricité propre, abondante et abordable, énoncée dans la stratégie sur l’électricité dévoilée pas plus tard qu’hier.

« L’Institut climatique du Canada effectuera une nouvelle modélisation exhaustive pour évaluer les implications de l’ensemble de l’accord de mise en œuvre du protocole d’entente sur les émissions dans les prochains jours, et nous comptons bien publier cette analyse afin d’éclairer l’élaboration de politiques futures. »

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À propos de l’Institut climatique

L’Institut climatique du Canada est un organisme de recherche indépendant sur les politiques climatiques. Il produit des recherches et analyses rigoureuses et des modélisations économiques, en s’appuyant sur des experts et des leaders de partout au pays. Nos travaux portent sur: l’accélération de la croissance propre et de la compétitivité sobre en carbone, la mesure des progrès dans la transition énergétique propre du Canada, l’amplification des perspectives autochtones et des solutions climatiques, la mobilisation d’investissements durables et le renforcement de la résilience de notre économie et de nos infrastructures face à un climat qui se réchauffe.

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