Crédit d'image: Dylan Clark

Sans véritables investissements immédiats, des infrastructures seront détruites partout dans le nord du Canada : nouveau rapport

Les sous-investissements systémiques rendent les habitants du Nord vulnérables, alors que la région se réchauffe plus vite que le reste du Canada.

OTTAWA, le 14 juin 2022. – Selon un nouveau rapport de l’Institut climatique du Canada, les changements climatiques détruiront les infrastructures du Nord, menaçant ainsi les moyens de subsistance – voire la vie – des habitants des territoires et des régions nordiques des grandes provinces. Les conséquences des politiques coloniales, assorties de sous-investissements chroniques, ont fragilisé les infrastructures du Nord et les ont rendues particulièrement vulnérables, d’autant plus que la région se réchauffe trois fois plus rapidement que la moyenne mondiale. Dans le rapport Plein Nord : faire face aux coûts des changements climatiques pour les infrastructures du Nord, on analyse la nécessité et la possibilité de repenser les infrastructures locales, et on propose des politiques et des investissements qui bénéficieront aux populations et qui prépareront les infrastructures aux effets des changements climatiques.

Une nouvelle analyse des coûts des dommages causés par la fonte du pergélisol aux routes pavées, aux pistes d’atterrissage et aux bâtiments, ainsi que les premières prédictions de la fonte du pergélisol pour l’entièreté du Nord sont présentées dans ce rapport. On y examine aussi les conséquences du réchauffement des températures sur la viabilité future des routes hivernales. Comme il est important d’être au fait des expériences vécues par les gens déjà touchés par les changements climatiques dans le Nord, des témoignages directs sur les conséquences sociales et culturelles des dommages causés aux infrastructures par le climat sont intégrés dans ce rapport, sous forme d’entrevues avec des habitants de six communautés du Nord.

Selon Plein Nord, des investissements précoces et continus dans l’adaptation des infrastructures permettraient de réduire les coûts de façon substantielle et de protéger les communautés. Par exemple :

  • Adapter correctement les routes pavées pourrait réduire les coûts annuels de 38 à 42 % en moyenne au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest.
  • Adapter les pistes d’atterrissage aux conséquences des changements climatiques pourrait réduire les coûts annuels de 74 à 88 % en moyenne, selon la trajectoire globale des émissions de gaz à effet de serre.

Mais à long terme, une grande partie des infrastructures existantes sur le territoire ne peut être protégée contre les changements climatiques. C’est aux gouvernements que revient la tâche de faire des investissements transformateurs dans de nouvelles infrastructures, qui assureront la survie des peuples du Nord et un avenir aux futures générations.

Citations

« Avec le Nord qui se réchauffe beaucoup plus rapidement que le reste du Canada, la réalité de longue date des infrastructures gravement déficientes est encore exacerbée. Le Canada ne peut se permettre d’endosser les graves conséquences d’un Nord non préparé aux futurs coûts des changements climatiques. »

— Tosh Southwick, propriétaire d’IRP consulting, citoyenne de la Première Nation de Kluane, membre du conseil d’administration de l’Institut climatique du Canada et Yukonnaise. 

« Il est essentiel d’investir dans les infrastructures du Nord pour que le Canada réussisse à s’adapter aux changements climatiques. Les habitants du Nord doivent pouvoir mettre à profit leurs connaissances, leur leadership et leur ingéniosité pour planifier, concevoir et construire des infrastructures adaptées à leurs réalités. L’importance de l’adaptation et l’autonomie des habitants du Nord doivent être mises en avant dans la future Stratégie nationale d’adaptation du Canada. » 

— Ryan Ness, directeur, Adaptation, Institut climatique du Canada

« La précarité des infrastructures n’est pas inhérente à la vie dans le Nord. C’est le Canada qui a fait ce choix de manière répétitive. De nombreux autres pays comptant des populations nordiques comme le Groenland, l’Alaska et la Norvège ont fait des choix différents et n’ont pas à faire face à ce double problème que sont les lacunes dans les infrastructures combinées à un réchauffement climatique extrême. Mais il n’est pas trop tard pour combler ces lacunes, et la bonne nouvelle, c’est que les bons investissements d’aujourd’hui généreront des économies et permettront d’assurer un avenir aux communautés du Nord et à leurs moyens de subsistance. »

—Dylan Clark, associé de recherche principal, Institut climatique du Canada

Ressources

Ce rapport est le quatrième d’une série de l’Institut climatique sur les coûts des changements climatiques. Sur le même sujet : La pointe de l’iceberg, Les coûts des changements climatiques pour la santé et Submergés. Le rapport final, une étude macroéconomique, sera publié en septembre 2022.

À propos de l’Institut climatique du Canada

L’Institut climatique du Canada est un organisme national non partisan de recherche sur les politiques climatiques chargé d’analyser des politiques et de conseiller les décideurs de partout au pays en se fondant sur des données probantes.

Pour en savoir plus

Catharine Tunnacliffe

Directrice des communications, Institut climatique du Canada

ctunnacliffe@climateinstitute.ca

226 212-9883

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