Prévenir ou réparer

La preuve qu’adapter les infrastructures publiques aux changements climatiques rapporte gros

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Des investissements proactifs visant à adapter les routes, les ponts, les égouts pluviaux et les systèmes de traitement des eaux du Canada aux hausses de température et aux pluies abondantes pourraient permettre aux gouvernements d’économiser jusqu’à 10 milliards de dollars par an en coûts d’infrastructure.

C’est l’une des principales conclusions du rapport de l’Institut climatique du Canada, Prévenir ou réparer : la preuve qu’adapter les infrastructures publiques aux changements climatiques rapporte gros.

La nouvelle étude révèle que si les gouvernements investissent dans l’adaptation des infrastructures publiques aux changements climatiques, ils éviteront chaque année de dépenser des milliards de dollars pour réparer les dommages aux infrastructures, tout en protégeant l’économie dans son ensemble des répercussions en cascade.

Pourquoi les infrastructures canadiennes sont-elles vulnérables?

Des reports des travaux d’entretien pendant des dizaines d’années ont rendu des infrastructures vitales vulnérables. Environ 14 % des routes, des ponts, des égouts pluviaux et des systèmes de traitement des eaux sont actuellement en mauvais état ou pire.

Les changements climatiques exacerbent le problème. De la hausse de la chaleur qui déforme les routes aux fortes pluies qui saturent les réseaux d’égouts, les risques ne se limitent pas à l’augmentation des coûts de réparation. Lorsque les pressions liées aux changements climatiques s’abattent sur les infrastructures publiques, des communautés se retrouvent isolées, les chaînes d’approvisionnement sont interrompues et les entreprises et les économies locales sont perturbées.

Sans adaptation, la hausse des températures et des fortes pluies endommagera de plus en plus les infrastructures publiques partout au pays. Les répercussions seront particulièrement amplifiées dans les petites collectivités rurales, du Nord et autochtones, qui sont souvent davantage exposées aux changements climatiques et subissent des inégalités en matière de qualité, de sécurité et d’accès aux infrastructures essentielles.

Investir dès maintenant dans des routes, des ponts, des égouts et des réseaux d’aqueducs résilients contribuera à protéger les familles, les entreprises et les collectivités contre les menaces climatiques.

Une adaptation proactive aux changements climatiques est rentable 

Renforcer les infrastructures publiques vieillissantes du Canada contre les pluies extrêmes et la hausse des températures exige des investissements précoces et soutenus. Selon le rapport de l’Institut climatique, ces investissements coûteraient en moyenne environ 3 milliards de dollars par an, soit environ 2,5 % de plus que les coûts actuels nécessaires pour maintenir les infrastructures publiques en bon état. 

En retour, l’analyse révèle que les gouvernements économiseraient entre 5,4 et 9,9 milliards de dollars chaque année sur les coûts annuels estimés des infrastructures. Les avantages réels seraient probablement plus importants en raison des retombées économiques plus larges liées à la prévention des interruptions majeures des corridors de transport, des réseaux d’aqueducs et d’égouts qui n’ont pas été pris en compte dans l’analyse.

Bien que l’adaptation proactive réduit fortement l’augmentation des coûts des infrastructures, elle ne la supprime pas complètement. Les coûts combinés de l’adaptation des infrastructures et de la réparation des dommages inévitables augmenteraient malgré tout d’environ 5 milliards de dollars chaque année en moyenne jusqu’en 2100. Les municipalités assumeraient la majeure partie de ces coûts.

Les municipalités ont besoin d’appui pour adapter leurs infrastructures

Les résultats montrent clairement que l’adaptation proactive offrira de nombreux avantages à la population, mais la majeure partie des coûts initiaux incombe aux gouvernements municipaux, qui possèdent et exploitent plus de 60 % des infrastructures publiques au pays. Seules, les municipalités ne disposent pas des ressources financières nécessaires pour financer d’importants investissements préventifs dans l’adaptation des infrastructures.

Entre 2025 et 2100, les municipalités assumeront 72 % de tous les coûts d’investissement au pays pour adapter les infrastructures à l’augmentation de la chaleur et des pluies extrêmes. D’autres menaces liées au climat, comme des inondations plus fréquentes et plus graves, nécessiteront des investissements supplémentaires, ce qui exercera une pression supplémentaire sur les budgets municipaux et gouvernementaux en fait d’infrastructures.

La bonne nouvelle, c’est que tous les ordres de gouvernement peuvent prendre des mesures concrètes pour combler cet écart et protéger les familles, les collectivités, les entreprises et l’économie en général contre l’aggravation des menaces climatiques.

Six façons pour les gouvernements de surmonter les obstacles à une adaptation proactive

Pour que les infrastructures publiques du Canada soient plus résilientes aux répercussions des changements climatiques, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient :

  1. Accroître le financement pour l’adaptation des infrastructures et moderniser les outils financiers mis à la disposition des municipalités et des autres propriétaires d’infrastructures, y compris les gouvernements autochtones, pour financer les améliorations en matière de résilience.
  2. Planifier, exploiter, entretenir et renouveler les infrastructures publiques, afin qu’elles continuent de fonctionner de façon sécuritaire et fiable dans les conditions climatiques futures.
  3. Renforcer les données et la cartographie des risques climatiques à l’échelle nationale, afin de favoriser une prise de décision cohérente et éclairée en matière d’infrastructures.
  4. Accélérer la mise à jour des codes et des normes d’infrastructure, afin que les infrastructures nouvelles et renouvelées soient construites pour résister aux changements climatiques au Canada.
  5. Assurer que toutes les dépenses publiques en infrastructures tiennent systématiquement compte des risques climatiques et aident les propriétaires d’infrastructures à réduire leur vulnérabilité à long terme.
  6. Adapter les programmes pour appuyer les communautés les plus vulnérables et les infrastructures essentielles.

Cette étude a été réalisée grâce à l’appui financier du Bureau d’assurance du Canada, de la Fédération canadienne des municipalités et d’Un Canada résistant au climat. L’Institut climatique du Canada a mené ce projet conformément à ses priorités de recherche et a conservé une indépendance complète quant à la conception de l’étude, à la méthodologie, aux résultats obtenus, aux recommandations formulées ainsi qu’aux communications externes.

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